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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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IIAOUSSA ET SES HABITANTS.

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effacée de la tradition même. Quoi qu’il en soit, le pays indiqué comme lamère patrie de tous les Haoussaoua est la région du faîte de partage entrela rivière de Sokoto et le bassin du lac Tzàdé, et dans cette zone c’est leversant oriental surtout que l’on considère comme le lieu d’origine. Larace s’étendit peu à peu à l’ouest, et la famille liaoussa en vint à com-prendre sept enfants « légitimes », à chacun desquels, d’après la tradition,incombait un devoir spécial dans la gérance des intérêts : c’est ainsi queGober, le liaoussa du nord, était, comme guerrier, chargé de défendreles siens; Kano avait à teindre les étoffes; Katsena s’était fait marchand;Seg-Seg, le liaoussa du sud, fournissait des esclaves. Puis la famille s’ac-crut encore de sept enfants, « illégitimes » ceux-ci, gens du dehors,qui parlent ou du moins comprennent la langue liaoussa, mais dont lesdialectes primitifs en différaient. Ils sont restés étrangers pour la race etn’égalent point leurs frères en noblesse : ce sont les peuples du bas Niger et du Renué. Tandis que le territoire des Ilaoussaoua proprement ditsest au plus de 100 000 kilomètres carrés, celui où leur langue domineest quintuple ou sextuple en étendue.

Le liaoussa, que Richardson appelait le « soudanien », comme si cetidiome avait été la langue du Soudan tout entier, est du moins le parler leplus général dans toute la contrée comprise entre le Sahara , le lac Tzàdé,la mer de Guinée et les montagnes de Kong : même en dehors de ce vasteterritoire on s’en sert dans tous les marchés, concurremment avec les lan-gages locaux; sur les bords de la Méditerranée, chaque ville de commerce,Tripoli, Tunis, Alger , a sa colonie de nègres conversant en liaoussa. Par sesesclaves, aussi bien que par ses marchands, la nation propage sa langue :en pays étranger les serviteurs haoussaoua enseignent à leurs maî-tres l’idiome policé par excellence, celui des marchés et des cours. Tousses mots sont formés par agglutination au moyen de préfixes et de suf-fixes, chaque particule gardant distinctement sa signification isolée. Parsa belle sonorité, par la richesse de son vocabulaire, la simplicité de sastructure grammaticale, l’équilibre gracieux des phrases, le liaoussa mériteen effet de prendre un des premiers rangs parmi les langues de l’Afrique .Sa littérature écrite ne consiste guère qu’en ouvrages religieux, en voca-bulaires et en notices grammaticales dus à des Européens 1 ; mais, d’aprèsScliôn et lvrause, les Haoussaoua posséderaient aussi des manuscritsoriginaux en langue indigène, quoique en écriture arabe. C’est dans leKatsena, la «Florence des liaoussa », dit Richardson, que le liaoussa est le

1 J. Yinson, Dictionnaire des Sciences Anthropologiques ;— Cust. Modem Languages of Africa.