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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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ébranlée clans les deux Etats et Barth prévoyait une prochaine reconstitu-tion du régime politique antérieur. Dans la banlieue même de Sokoto,des chasseurs d’hommes venaient surprendre des villages pour emmenerles habitants en esclavage; fréquemment la famine régnait dans le payspar suite du pillage des greniers et de l’enlèvement des bestiaux. L’étatde la contrée n’a guère changé et nombre de feudataires, entre autres lesultan de Xoupé, sont beaucoup plus puissants que leur suzerain : si l’em-pire n’est pas tombé en débris, la cause en est à l’esprit de solidarité reli-gieuse qui anime les musulmans de la contrée. Malgré leur faiblesse mili-taire, les deux Etats du Ilaoussa se sont maintenus et, grâce au retour dela paix, les provinces centrales de Gando et de SokoLo se sont enrichieset peuplées d’une manière étonnante. M. Joseph Thomson , visitant lesbords de la rivière de Sokoto Lrente années après Barth, parle avec admi-ration de l’activité commerciale des habitants du pays et compare le mou-vement incessant de va-et-vient sur la grande roule de Gando à Sokoto àcelui qu’on observe autour d’une fourmilière : bêtes et gens se pressentcomme dans les rues d’une cité; sur le dos des chameaux, des bœufs, deschevaux et des ânes on voit passer les denrées et les marchandises duSoudan et des oasis, de la Berbéric et de l’Europe ; d’élégants cavaliers,drapés dans des vêtements d’une splendeur orientale, écartent la foule dupoitrail de leurs coursiers; des Touareg, armés de la lance et le vidagevoilé, dominent les passants du haut de leurs méhari. L’horizon est bordéde villages : du regard on peut en compter jusqu’à dix et chacun est aussipeuplé que des villes ailleurs. Pas un lieu d’étape qui ne soit une citéconsidérable; en pleine campagne, chaque baobab, chaque tamarinierrecouvre une auberge en plein vent, où des négresses offrent aux voyageursdes rafraîchissements ou des vivres. Les mosquées sont rares et dans lesvilles ce ne sont guère que de grandes huttes ; mais des enceintes de pierres,orientées vers la Mecque , s’élèvent au bord de la route : ce sont des parvisrustiques où les hommes s’agenouillent à l’heure de la prière.

Les villes du Ilaoussa apparaissent de loin comme des bosquets, chaquedemeure y possédant son arbre au branchage étalé, tandis que dans lesrégions populeuses de la campagne, cultivées en plantes basses, on ne voitplus de restes des anciennes forêts. Les fréquentes guerres de races ou dedynasties ont obligé les habitants des villes à les entourer de murs, à lesceindre de fossés, à dresser des tours à côté des portes 'd’entrée, et sur-tout dans les régions septentrionales les citadins sont devenus forthabiles dans la construction de ces défenses. La ville de Kourrcll, situéeà une cinquantaine de kilomètres au sud de Ixatsena, peut servir de