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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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IlAOliSSA, DAMKUGHOr.

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modèle à cet égard. Bâtie au milieu du siècle pour recevoir huit ouueut' mille personnes que la destruction de leurs demeures avait pri-vées d’abri, Kourreli s’appuie d’un côté à des rochers de granit; desautres côtés elle est défendue par une triple muraille et par deuxlarges lôssés : deux portes seulement s’ouvrent dans le rempart et lesouvertures sont placées de manière à obliger l’ennemi à de longsdétours entre des murs percés de meurtrières; en outre, une placed’armes extérieure, également entourée d’un double fossé, précède laporte principale.

L’industrie esL très active dans les cités populeuses du ilaoussa. Ladivision du travail a créé de nombreuses corporations d’artisans : potiers,tisserands, teinturiers, tailleurs, selliers, cordonniers, maçons, forgerons,chaudronniers, bijoutiers, parfumeurs, savonniers. Les bazars sont emplisde marchands; le bruit des instruments de travail résonne dans toutesles rues et partout on entend la voix cadencée des écoliers qui récitentles versets du Coran . Le travail est fort en honneur dans ces contréesde la Aigritie, quoique l’esclavage n’y ait [tas encore été aboli. Toutefois lenombre des serviteurs captifs diminue, car en beaucoup de provinces duIlaoussa les esclaves obtiennent rarement l’autorisation de se marier : ilsne se constituent point de familles et c’est par des expéditions de Irai U 1 ,peu fréquentes de nos jours, grâce à la diffusion de l’Islam , que se recru-tent les troupeaux Immains. Mais la plupart des Naoussaoua, gais, bienveil-lants, ne se laissant jamais entraîner à aucun excès, ils sont débonnairesà leurs esclaves et n’ont pas, comme les Arabes , la tentation de se croiresupérieurs, en vertu de leur origine, à ceux qui sont obligés de les servir.Quant aux Touareg, ils prennent grand soin de marier leurs jeunescaptifs 1 : ils sont « éleveurs », comme l’étaient naguère les propriétairesde nègres dans la Virginie et le Kentuckv.

Le pays de Damerghou, qui, par la langue et la culture de ses habitants,doit être considéré comme faisant partie du Ilaoussa, appartient à la zonede transition entre le Sahara et le Soudan . C’est là que les tamariniers etautres grands arbres ont leur limite vers le nord, là que les diversesplantes industrielles du Soudan , telles que les cotonniers, cessent d’êtrecultivées. Les champs y sont encore arrosés par les pluies régulières, maisla part d’humidité n’est pas suffisante chaque année et parfois les habitants

1 II. Iiarth, ouvrage cité,xn.

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