Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
596
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE l'MA'K II SE LL K.

i)9Ü

granitique des environs était un lieu de sacrifices dont on ne s'approchequ'avec respect, quoique l’Islam soit maintenant la religion de tous leshabitants de la contrée, lies le commencement du seizième siècle et proba-blement à une époque antérieure, Kalscna était un centre de civilisation :de toutes parts affinaient les étrangers; un des quartiers de la ville est ap-pelé « l’Etudiant». Les rois de Katsena, quoique nominalement vassauxdu Bornou , étaient indépendants en réalité et leur pouvoir s’étendait auloin vers le midi. Emir résistance contre les Foula fut des plus énergi-ques : le siège de la capitale dura sept années, de 1807 à 181 i, et quoiqueles moissons récoltées dans l’enceinte meme contribuassent pour unepart notable à l’alimentation des habitants, la famine devint horrible :vautours, lézards et serpents se vendaient à des prix exorbitants. Depuis laprise de Katsena la population urbaine n’est guère plus forte que celle dela petite cité voisine, Kourayé. ba plupart des marchands ont quitté cepays salubre pour aller s’établir dans la fiévreuse Kano ; la ville n’a plusaujourd’hui qu’un faible nombre de traitants, presque tous Üuangaraoua,c’est-à-dire Mandingues. Les conquérants foula furent impitoyables pourles vaincus et tâchèrent de faire disparaître toutes les traces de l’ancienneindépendance. Les livres qui traitaient de l’histoire du pays lurentbrûlés, et la ville de Dankama, dans laquelle le souverain s’était réfugiéaprès la chute de sa capitale, fut complètement rasée. Os ruines, à unequarantaine de kilomètres au nord-est de Katsena, sont cachées par lesbroussailles; seulement un gigantesque baobab s’élève solitaire à l’endroitoù se pressait la foule des marchands. Barlh raconte comment il traversa,le soir, la ville morte, au moment où les grandes ombres l’envahissaientdéjà. Ses compagnons, tous gens de l’Aïr et parents de race des Goberaouamassacrés, bâtaient le pas, craignant que les esprits ne vinssent les frôlerau passage. Les musiciens battaient sur leurs tambours pour écarter lesmauvais génies, et des malédictions contre les barbares Foula accompa-gnaient le grondement du tamtam.

Kano, qui est actuellement la cité la plus considérable du Ilaoussaoriental, sur le versant du lac ïzàdé, n’est point située au bord d’uneeau courante; elle occupe un terrain bas autour d’un rocher aux lianesescarpés, d’une quarantaine de mètres de hauteur. C’est le rocher de Dabi,dominé jadis par une forteresse qui fut, au seizième siècle, l’origine de lacité; à 6 kilomètres à l’ouest se dresse un autre rocher, contenu égale-ment dans l’enceinte de la ville. De même que Katsena, Kano se composad’abord d’un certain nombre de villages dont on a fait une place militaireunique par la construction d’une enceinte, d’un développement total de