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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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cases à toits pointus, parsemée de papayers et de dattiers et ceinte decultures verdoyantes. Les populations d’origine différente ont cliacune sonquartier. Les kanouri ou gens de Bornou , descendants des anciens pos-sesseurs de la contrée, halètent non loin du rocher de Bala, dans la partieseptentrionale de la ville; les Jlaoussaoua, qui sont aussi très nombreux,occupent les quartiers du centre; les Foula, devenus les maîtres à leur tour,vivent dans les rues du midi, autour des labyrinthes de constructions queforment les palais du gouverneur et de sou vizir ou gbaladima; enfin lesmarchands arabes, parmi lesquels se trouve toute une colonie de (ilia-dàmsi, ont établi leur domicile dans le voisinage du grand marché, aunord de l'étang.

Le commerce de Kauo rivalise d’importance avec celui de Kouka dansle Bornou . Les habitants vendent les étoffes de coton qu’ils ont lissées etteintes eux-mêmes avec le colon et l’indigo que leur fournissent les culti-vateurs de la campagne environnante, le « jardin du Soudan ». Kano estune ville modèle pour la petite industrie. Bans chaque maison la familleconstitue un groupe distinct, ne dépendant d’aucun patron pour sontravail : la besogne journalière se fait sans que la vie de famille soit sacri-fiée ; aussi « les gens «le Kano sont-ils parmi les plus heureux des hommes' »et c’est à bon droit qu’ils témoignent leur gaieté par des rires et deschants. Les produits de l'industrie de Kano, cotonnades, souliers etsandales, poches de cuir, sont expédiés à des milliers de kilomètres, d’uncôté jusqu’au lac Tzàdé, de l’autre jusqu’à l’Atlantique, au nord jusqu’àla Méditerranée; quand les roules directes sont fermées par la guerre,les étoffes de Kano, très appréciées à Tombouctou , sont envoyées danscette ville par l’énorme détour de Bliàt, (îhadàmès, louât, el-Araouan.Fn voyant sur les marchés de la Berbérie les cuirs brodés qu’ont apportésles caravanes de Kano, on s’étonne du goût avec lequel les nègres Kanouriet Ilaoussaoua de cette ville ont su reproduire le mode d'ornementationarabe : on dirait des objets d’origine mauresque. Les ouvriers de Kanosavent aussi fabriquer des soieries avec les cocons que filent les bombyx dutamarinier, espèce inconnue en d’autres pays. Kano exporte des quantitésconsidérables de céréales, les moissons annuelles étant toujours supé-rieures à ses besoins; en revanche elle achète du sel des oasis, du salpêtredes bords du Tzàdé et des noix de kola des régions d’outre-Aiger. Lorsdu passage de Bartli, l’ivoire était presque absent du marché de Kano;([liant au commerce des esclaves, il était encore très actif : le transit de

1 II. lîarth,ouvrage cilc.