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Livre XII. L'Afrique Occidentale.
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Le domaine des I«>aira ou Igalla se prolonge sur la rive gain lie du liasllenué, puis, ou aval du cnnlluenl, jus»ju’à une petite distance en amont dudelta proprement dit : sur un espace d’environ 400 kilomètres, le naviga-teur entend parler dans les villages riverains la langue des Igarra, appelésaussi Apolo ou Apoutou ; toutefois les liannissements et les migrations enmasse causés par les guerres et les lamines ont en maints endroits intro-duit des populations d’autre origine dans le pays des Igarra : telle coloniese compose de lîassa. de Foula ou de llaoussaona venus des régionsd’outre-Iienué ; ailleurs on parle le limité ou h* yoroulia, comme sur les rivesdu lias Niger . Dans l’inléi'ieur, la zone glossologique de bigarra s’étendprobablement jusque dans le voisinage île la rivière du \ ieux Lalabar : entout cas, l'importance de la langue est très considérable par le nombre deceux 11 ui la parlent et c’est l’un des idiomes du bassin nigérien que lesmissionnaires ont le mieux étudiés. Au nord et au sud du continent desdeux grands lleuves se trouvent des enclaves de populations igbira quiparlent une langue distincte, (‘gaiement connue par des vocabulaires. Laplupart des Igbira habitaient la mésopotamie du Xoupé, mais une formi-dable invasion des Foula les mit en fuite vers les régions méridionales oùils se trouvent maintenant. Lu face d’Idda, sur la rive droite du Niger , setrouve une autre enclave, celle des Koukouroukou, parce que leurs crisd’appel imitent, dit-on, léchant du coi|On les appelle aussi Ikpéré. molqui est probablement de même origine que celui d’Igbira.

L'influence du mahométisme s’est fait sentir chez toutes ces populationspaïennes, moins par des conversions directes que par l'abandon gradueldes anciennes coutumes. Dans les villes du pays igarra, les idoles ne sontplus exposées solennellement en publie, et l’on ne fait, plus de sacrificeshumains comme on en faisait jadis à la mort des rois pour qu'ils se ren-dissent en lionne compagnie dans l’autre monde. Si les reines ne sont [dusobligées actuellement de suivre leurs maris dans la mort, du moins sont-elles tenues de « mourir pour le monde », en se couvrant de baillons et euse peignant le nez et les lèvres en noir intense pour se donner un aspectrepoussant. Le souverain qui prend le nom d’Attali, c'est-à-dire « Père »,est par tradition le plus absolu des maîtres : « il ressemble à Dieu lui-même »et doit en conséquence se lier par la plus stricte étiquette pour que samajesté soit reconnue de tous. Jamais sa main ne peut rien accomplir doservile : tout travail lui est interdit ; il n’a pas le droit de poser son pieddans un canot; il ne peut exposer sa tète auguste à la pluie. Pour avoir

1 Schôn el Cronther, ouvrage cité.