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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Ko Tzàdé n’a de rivages noltement déliais que vers son exlréinilé septen-trionale, à la pointe du sommet que l'orme le grand triangle irrégulier des(‘aux. En eet endroit, des sa 1 îles apportés par le vent alizé se sont élevés endunes dont la hase s’avanee en promontoire dans le Ilot: du haut des mon-ticules mouvants on voit s'étendre au loin le nik boni ou l’« eau blanche»,c’est-à-dire Fonde unie fuyant à perle de vue, sans îles intermédiaires, sansfourrés de roseaux ou d’autres plantes aquatiques comme celles qui emplis-sait le nik tsillini ou l’« eau noire » du littoral. Sur presque tout le restedu pourtour, on peut cheminer pendant des heures dans la directiondu lac sans savoir où finit la terre, où commence la nappe lacustre. Untraverse des coulées marécageuses, puis encore d'autres liras, des lagunessinueuses, des mares et des flaques, et toujours là où l’on s’attend àvoir enfin se dérouler la surface infinie de la mer ouverte, on n’aperçoit quedes jonchères, des forêts de papyrus, des champs de lotus, des traînées de■pixtia stratiotis, les « herbes sans patrie » qui flottent au hasard en nappescontinues, plus vertes que les steppes de la cote voisine. A l'est des bou-ches du Chari tout l'angle sud-oriental du lac, et plus au nord toute lapartie voisine de la côte du Ivànem, sont occupés par des îles et des îlots qui,d’après Aachtigal,comprennent au moins un tiers de la surface du Tzàdé.Hans ces parages il n'y a pas de lac proprement dit, mais seulement unlabyrinthe de détroits que l'on franchit d’île en île. I.es voyageurs qui serendent du Ilaghinni au Kànem n'ont aucune idée d’avoir traversé un lacet se plaignent seulement de l'état des chemins tout coupés de fondrièresoù ils risquent de perdre leurs montures pl leurs animaux déchargé. L’ar-chipel méridional, ensemble de huttes parsemées dans le marais, estappelé le pays de Karka. Définitivement asséchée, cette région offrirait unaspect analogue à celui du Ivànem, la terre ferme voisine, où des collinesverdoyantes, des bosquets fleuris alternent avec des espaces déboisés.
Ces eaux stagnantes, ces marais, ces îles, ces langues de terre ne per-mettent donc pas de reconnaître la vraie forme du lac, que modifient d’ail-leurs singulièrement les oscillations annuelles causées par les crues etl’évaporation. Vu la faible profondeur d’eau pendant la période de l’étiage,il ne serait pas étonnant que la masse liquide du Tzàdé variât de moitiéde l'une à l’autre saison. On sait par les récits des voyageurs que desespaces immenses du pourtour lacustre sont alternativement inondés etdécouverts; en maints endroits, des journées de marche séparent la rived’hiver de la rive d’été. Outre les pluies, qui commencent à la fin de juin,le Tzàdé reçoit l’excédent des eaux du bassin que lui apportent les rivières.Sur la rive nord-orientale, tournée vers les steppes et le désert, il ne coule