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odeur infecte se dégage de ces cloaques, cause principale des maladies quiravagent la cité. Les maisons des grands sont des masses cubiques d’argile,très Lasses, sans fenêtres, sans ornements extérieurs, qu’il faut réparer tousles ans, aux premières pluies, car la chaleur en tissure le toit dans tous lessens; pour sauvegarder les étoffes et tous les objets précieux contre lapluie, on les enferme en des sacs de cuir, ou, chez les riches personnages,en des malles apportées par les caravanes do Tripoli . Les huttes des femmes,en forme de cloches ou de pains de sucre, sont construites plus simple-ment : un squelette de branches d’arbres, un revêtement de chaume ou deroseaux, et la demeure est faite; la pointe du cène se termine par unebaguette ornée d’œufs d’autruche, promesse de fécondité pour les rési-dentes de la maison. Ces huttes sont beaucoup plus étanches et plus sainesque les masures de pisé : on peut, les meubler plus complètement et lescalebasses, les objets de ménage et de cuisine sont appendus aux paroisou déposés sur le sol.
Aux villes jumelles de Kouka et aux villages de la banlieue s’ajoute, unefois par semaine, une autre cité, de branches et de toiles : le campementdu grand marché, où se réunissent en moyenne plus de dix mille per-sonnes. La prospérité commerciale de Kouka provient de la liberté ab-solue des transactions : étrangers et indigènes importent et expédientles denrées sans payer de taxes ni d’octroi; nulle pari le libre échangen’est plus sincèrement pratiqué 1 . Le champ de foire se trouve en de-hors de la ville occidentale, dans la partie la plus élevée du sol,au-dessus du niveau des inondations exceptionnelles. Là se rencontrentdes gens de toutes les races africaines et se marchandent des produitsde tous les pays : des lapis de Damas, des caftans de Stamboul se voientà côté des marchandises d’Europe , représentées surtout par l'industrieitalienne. Les aiguilles y sont très demandées; Barth qui en avait ungrand approvisionnement, était célèbre dans tout le Bornou sous le nom de« Prince des Aiguilles ». Les voyageurs s’étonnent de trouver au marchéde Kouka des objets précieux à fort bas prix, ce qui s’explique par ce fait,que la plupart d’entre eux ont déjà servi; la foire du Soudan est une sortede «Temple» pour les étoffes de seconde main venant de l’Egypte et del’Asie Mineure. Mais de tous les « articles de commerce » le plus importantà Kouka est celui des hommes, esclaves, eunuques, nains de cour. En 1870,Xaehtigal a vu partir de la ville une caravane emmenant 1400 esclaves,dont un tiers environ était à destination de l’Egypte ; les deux autres tiers
1 G. Rolilfs, ouvrage cité.