Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
711
JPEG-Download
 

K 01 K A, N CO K-N 01', .MA DOUA RI.

711

devaient être vendus à llliàt et à Tripoli . Hohll's parle d’une autre caravanequi emmena 4000 captifs : parlant par détachements successifs, elle employaquinze jours au départ de kouka. L'approvisionnement du marché enesclaves provient des expéditions que le gouvernement du Burnou dirige surles pays insoumis des alentours, des tributs que les vassaux du souverainacquittent en nature et des achats que font les marchands dans le llaoussa,l’Adamaoua et surtout dans le Baghirmi. Nul doute que le ralentissementet tôt ou lard la suppression du commerce des esclaves n’aient pour consé-quence de diminuer l’importance des échanges au marché de Kouka; on nesaurait douter non plus que l’ivoire, dont la Tripolitaine reçoit encore devingt à vingt-cinq mille kilogrammes par an 1 , pour une valeur d’un demi-million, 11e soit expédié en entier par la roule moins coûteuse du Benué etdu Niger . Les caravanes qui transportent les défenses emploient jusqu’àcinq mois à faire le trajet, et le travail journalier du chargement et dudéchargement fait perdre près d’un tiers de sa valeur à la marchandise. Aquelques pertes que soit exposé le commerce de Kouka, tant qu’un cheminde fer ne le rattachera pas à la Méditerranée, la position géographique de lacapitale du Burnou lui assure néanmoins l’un des premiers rangs dans lemouvement des échanges de l’Afrique centrale . Les marchands ont en outrel’avantage de trouver à Kouka une population toujours pacilique et polie,habituée à recevoir les étrangers : jamais le marché n’est troublé par lesdisputes et les cris. Depuis longtemps on jouit aussi à Jvouka d’un privi-lège qui manque à la plupart des marchés africains : l’unité de monnaie.Même pendant la première moitié du siècle, 1111 décret royal avait fixécomme signe représentatif des valeurs l’écu d’argent ou (jours, à l’effigiede Marie-Thérèse, ou à colonnes comme le douro espagnol . La monnaiedivisionnaire est le cauris : lors du voyage de Nachtigal, quatre mille deces coquillages représentaient la valeur du gours.

La deuxième ville du Bornou proprement dit par le nombre des habitantsest N’sornou, située à une trentaine de kilomètres au sud-est de Kouka, im-médiatement au bord du lac, qui l’envahit pendant la saison des pluies. Ilarrive que les deux tiers de la ville sont envahis par les eaux, et par suitedu mouvement d’érosion qui s’accomplit d’année en année sur la côteoccidentale, les cabanes doivent graduellement se déplacer : la ville se meutdans la direction de l’ouest, comme tous les villages du littoral. U11 desports de Kouka, Madouari, où se fît transporter le voyageur Ovenveg pourmourir en vue du lac qu’il avait parcouru, le premier des Européens, che-

1 Westendorp, Der ElfenbrinhaniM in Afrika , Ausland, 21 déc. 188.‘>.