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mine aussi vers l’ouest, et, lors du voyage de Nachtigal, on parlait derebâtir en entier la ville de Kouka pour la placer sur un sol plus élevé, àl’abri de toutes les invasions lacustres. Aux dangers d’inondation s'ajoutepour les habitants de N’gornou le péril incessant des incursions de pirates.Les femmes, les esclaves <|ui travaillent dans les jardins ont chaque instantà redouter que des Yedina en embuscade ne s’élancent pour les enleveret les jeter enchaînés au fond des barques. Ivaoua, llaroua sont, commeNgornou, exposées aux surprises de ces pirates. Les villes riveraines dunord ont à redouter un autre danger, les attaques des Touareg ou desAoulad-Slimân : il faut payer double ou triple tribut pour satisfaire à lafois le suzerain et ses ennemis. .N'gigmi, à l’angle nord-occidental du lac,est une de ces villes qui ne subsistent que par tolérance: elle est menacéede disparaître comme Louri, qui existait lors de la visite de Denham, etcomme Woudi, cité jadis fameuse dont quelques palmiers marquent l’em-placement; les fossés et les chausse-trappes que creusent les Kanouri auxlieux de passage pour arrêter les Touareg sont des moyens défensifs pres-que ridicules. Ngigmi est considérée comme la ville {routière du royaumesur la route du Fezzàn et de la mer; cependant ce n’est pas là que les voya-geurs venus du nord ont à s’arrêter pour annoncer leur visite au sultan duBornou et demander l’autorisation de continuer leur roule : c’est à Yéou,au passage de la rivière du même nom, que s’accomplit cette formalité.
Dans leBornou occidental, arrosé par le komodogou Yéou et ses affluents,les villes sont nombreuses et plusieurs d’entre elles, d’après Clappertou,Barth, llohlls, ont [dus de dix mille habitants groupés dans leur enceinte.Non loin de l’ancienne Birni ou Kasr Eggomo se trouve le village de Ngou-routoua, c’est-à-dire « des Hippopotames », où le voyageur Richardsonmourut de fatigue en 1851 ; Barth y visita son tombeau, respecté par lesnègres. Plus à l’ouest se succèdent Sourrikolo, Borsari, la place de Kha-dedja, Boundi ou la cité des « Bêtes sauvages », Machena, que domine unroc superbe, Gomnmel, Birmenaoua, ces deux dernières gardiennes de lafrontière politique et peuplées d’Afounou, c’est-à-dire de Haoussaoua,quoique appartenant au Bornou ; Gomnmel est le centre d’un très grandcommerce et ses trois cents boutiques sont visitées par les marchands duNoupé. L’angle nord-occidental du royaume est occupé par l’Etal vassalde Sinder (Zinder ), enrichi par les Touareg qui viennent y commercer,mais souvent aussi ravagé par eux; des Juifs convertis, venus des bordsde la Méditerranée, y ont aussi une petite colonie 1 . La capitale, bâtie a la