Band 
Livre XII. L'Afrique Occidentale.
Seite
720
JPEG-Download
 

720

N O l : V K1.1. K (tKOItKANIIK i nivkkseu.k.

des Arabes, des Foula : l’introduction de l’Islam et d’une civilisation nou-velle a créé peu à peu un contraste ethnique entre les gens du Baghirmiet les populations environnantes. D’après les chroniques et les traditions,les fondateurs arabes du royaume seraient venus de l’Arabie, peut-être deMédine , à la fin du quinzième ou au commencement du seizième siècle :quoi qu’il en soit, ils étaient originaires de l’est. A cette époque, commede nos jours, un mouvement d’émigration et de complète se produisaitdans le sens de l’est à l'ouest.

Quoique très mélangés comme leurs voisins du Burnou, les habitants duBaghirmi leur sont très supérieurs par la beauté corporelle. Ils sont en gé-néral bien équilibrés, souples et forts; leurs traits n’ont pas la laideurrepoussante qu’offrent tant de Kanouri, et les femmes baghirmi surtout sedistinguent par des ligures vraiment agréables, au front développé, au nezdroit, aux lèvres à peine saillantes; elles ont les cheveux ras, mais sur les deuxcotés de la tète elles y mêlent des libres végétales tressées en forme d’épis.Le noir foncé de la peau est assez rare : la plupart des Baghirmi ont unreflet rougeâtre, presque métallique. Ils sont en général très intelligents,fort habiles aux divers métiers : on vante surtout leur talent pour le tis-sage des étoffes, la teinture, les travaux de sellerie et de passementerie; en1871, lorsque le sultan du Ouadaï se fut emparé de la capitale du Baghirmiet s’en retourna victorieux dans son pays, il prit soin d’emmener en capti-vité les meilleurs artisans, maçons, tisserands, tailleurs, teinturiers, poul-ies établir en colonies et les employer comme conducteurs de travaux : trentemille ouvriers du Baghirmi auraient été ainsi déportés dans le Ouadaï :en même temps défense fut faite aux Baghirmiens de porter de bellesétoffes. Aussi l’industrie locale a-t-elle considérablement diminué : ou nepourrait plus aujourd’hui bâtir un palais de briques comme celui qui pos-sède le sultan de Massena. Mais, si bien doués que soient les gens duBaghirmi pour les métiers pacifiques, ils sont tellement accoutumés, depère en fils, à la profession des armes, que les mœurs soldatesques sontdevenues générales, que le mépris du labeur honnête est la première con-dition du respect, que la brutalité, la cruauté même sont tenues à hon-neur : le dernier souverain tirait vanité du surnom d’Aboù-Sekkin ou«Père du Couteau » que lui avait valu Dégorgement en masse de convivesauxquels il avait juré foi et amitié. Les Baghirmi méprisent fort lesKanouri du Bornou et les Maba du Ouadaï comme leurs inférieurs envaleur guerrière, et cependant ils n’ont point constitué comme eux d’Etatpuissant et leur situation politique a presque toujours été celle d’un vas-selage plus ou moins déguisé; maintenant ils payent tribut au sultan du