NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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partie de la nation des Sara, percent leurs lèvres de bâtonnets formantgarniture autour de la boucbe.
Le culte des arbres s’est maintenu chez quelques tribus. Les Somraï, voi-sins des Gaberi, jurent sur l’écorce d’une espèce d’acacia, et le sermentqu’ils prêtent dans ces occasions est aussi sacré pour eux que le serment del’Arabe sur le Coran . Tous les indigènes de ces régions croient à un êtresuprême dont la voix est le tonnerre et qui siège sur un trône de nuages :leur dieu est surtout un « Lanceur de Foudres ». C’est à ce dieu qu’ilsoffrent des sacrifices sanglants, de coqs et de chèvres. Lue butte, danslaquelle ne pénètrent ni les femmes ni les enfants, enferme le pieu taillédans un arbre sacré, que l’on asperge du sang des victimes : une part dugibier, un lambeau de l'ennemi mutilé sont attachés à ce pieu symbolique.
Les « hommes sages », c’est-à-dire les magiciens, interprètent auprèsdu vulgaire les ordres de la divinité : ils expliquent les oracles qu’ilslisent dans le sang des victimes, dans leur convulsion suprême, dans laposition des cadavres. Ils dénoncent les mauvais sorciers, leur rivaux enpuissance occulte. Quand un jeune homme meurt chez les Somraï, deux« sages » prennent le corps, qui les entraîne de force, disent-ils, devant lahutte du meurtrier : aussitôt on verse sang pour sang et le chef partageavec la famille lésée l’avoir du prétendu coupable. Chez les Sara, unetouffe d’herbe, des feuilles vertes, placées sur la tête d’un sage, le jettentdans une ex!ase divine : il oscille, s’élance, recule, se balance comme unhomme ivre et finit par tomber devant un des assistants; celui-ci est lemalheureux voué à la mort. Leurs cérémonies mortuaires prouvent queles païens du Daghirmi croient vaguement à la persistance de la vie dansle tombeau. On étend le cadavre sur un lit de nattes, et l’on place à portéede sa main une chèvre égorgée, un vase de miel et de bière; dans sabouche une petite calebasse est pleine de cauris, qui lui serviront à payerson passage vers un autre monde : c’est l’équivalent de l’obole qu’enEurope le mort donnait à Caron pour gagner la sombre rive. On dit quechez les Xiyillem, sur la rive droite du Chari, des jeunes filles vierges sontenterrées vivantes dans la tombe des chefs. Les épileptiques sont massa-crés, comme possédés du diable.
La polygamie est générale chez les gens riches du haut llaghirmi. Le.père de la femme vendue reçoit en échange un cheval, des esclaves, deschiens engraissés; mais si elle reste stérile, il doit la reprendre ou la céderà un autre homme, qui rembourse au mari son prix d’achat, ou la laisserdégrader au rang d’esclave. D’autre part, quand la femme est devenuecinq fois mère, elle reprend sa liberté complète et peut rentrer, si elle le