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désire, dans la maison paternelle. Quelques restes des institutions du ma-triarcat se seraient maintenus dans le pays. Ainsi l’un des petits Etats duliant Cliari, situé en aval de la jonction du ha Bousso et du Ilalir el-Ahiad,est connu sous le nom de Beled el-Mrà ou « Pays île la Femme», parce quele gouvernement y est toujours confié à une reine.
Quoique mahoniélans de nom, les Baghirmiens ne font aucune tentativepour répandre l’Islam parmi les peiqdades païennes du sud et voient d’untrès mauvais œil la propagande religieuse des Foula : c'est que l’intérêtleur commande de considérer toujours comme de haïssables païens lespeiqdes qui servent au recrutement de leurs troupeaux d’esclaves. S’agit-ilde payer le tribut au Ouadaï ou au Burnou, de bâtir une résidence royale,de remplir le trésor de l’Ftat par une vente fructueuse, on organise uneexpédition de négriers dans le pays du sud. Unies, toutes les populationsmenacées par les traitants seraient inattaquables; mais, sons intérêts soli-daires, elles cherchent à détourner le danger qui les menace en le dirigeantsur autrui : ce sont des sauvages qui servent de limiers à l’ennemi communcontre d’autres sauvages, et ceux-ci à leur tour aideront plus lard à lessurprendre et à les capturer. C’est parmi les peuplades Sara surtout quel’on va faire provision de jeunes gens et de jeunes fil les pour les marchés :le nom sous lequel ou désigne d’ordinaire toute la race est celui de « VilsEsclaves ». Pour éviter la visite des Baghirmiens, nombre de tribus payentà l’amiable la taxe, fixée uniformément à « cent tètes » par an, et pourse procurer ces cent têtes elles font la guerre pour leur propre compte.Quand les assaillants sont munis de fusils contre des hommes armés seu-lement de flèches, de javelots ou de haches, leur chasse est toujours heu-reuse : Aachligal fut obligé d’assister au siège, puis à la prise de deuxeriodendron sur lesquels s’étaient réfugiées plusieurs familles d’indigènesCaberi. Frappés à mort, les défenseurs, postés au sommet comme sur lahune d’un navire, tombèrent sur le sol à travers le branchage, et l’on n’eutplus qu’à monter pour capturer les femmes, les enfants, les animauxdomestiques groupés sur le plancher que soutenait le deuxième étage debranches. Toutefois il est des tribus bien défendues par leur position quiont bravé jusqu'à maintenant tous les efforts des marchands d’esclaves.Tels sont les Sokoro, dont les nombreuses petites républiques s’appuient àdes roches abruptes, forteresses naturelles que n’osent point assaillir lesguerriers de la plaine.
Comme presque tous les autres gouvernements de l’Afrique centrale ,celui du Baghirmi n’a d’autre règle que le caprice, d’autre limite que lapuissance des rivaux ; mais, pour ne pas avoir d’ennemis dangereux dans sa