MANYANGA, ISANGILA, YIYI.
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pressent en de nombreux villages au bord du ileuve, attirés par l'abon-dance des poissons qui peuplent les eaux entre les cascades. Les deux rivesde Manyanga à Isangila sont habitées de pécheurs, qui travaillent surtoutla nuit; de grands leux, allumés de distance en distance, se reflètentdans les eaux rapides, éclairant les formes noires des hommes et lesblets pleins aux reflets d’argent. La pèche, parfois la guerre, telles sontles seules occupations des hommes parmi les Ba-Soundi. Les femmes cul-tivent les champs, tissent les étoffes, tressent les corbeilles, modèlent lespoteries, et c’est à elles aussi qu’incombent la vente et l’achat des denrées.Elles sont fort habiles marchandes et grâce à elles le poisson recueilli parles hommes s’expédie à de grandes distances chez les tribus de l’intérieur.Le principal marché de cette région du lias Congo est situé sur le bord dufleuve, dans le voisinage du Manyanga : c’est le lieu d’échange le plus fré-quenté entre le Slanley-Pool et la mer; les marchands nègres du littoral neremontent pas plus haut dans la vallée du Congo . On se rend de plu-sieurs journées de marche à la ronde à la foire de Manyanga, qui se tientchaque huitième jour, car chez les tribus congolaises, jusque dans lepays des Ba-Yanzi ', la division de l’année ne se lait pas par mois et parsemaines mais par lunes et par séries de quatre jours. Deux de ces sériess’écoulent de l’un à l’autre marché*.
La station d’isangila, entourée de murs et de fossés, s’élève sur unehaute croupe dont la hase est érodée par le courant du Congo . En cetendroit le fleuve plonge d’une hauteur verticale d’environ y mètres, puisdécrit un grand méandre vers le sud pour descendre de défilé en défilé lesderniers degrés des cataractes; en outre la vallée de la rivière Lou-Fous’ouvre dans la direction du sud-est vers le plateau qui porte San-Salvador ,l’ancienne capitale du royaume de Congo; et à une petite distance aunord commencent des ravins inclinés vers le cours de la rivière Chi-Loango.Isangila est donc une station des mieux choisies en prévision du com-merce futur, mais elle attend encore les routes qui la rattacheront auxautres postes riverains du Congo ainsi qu’aux villes du littoral, Cabinda,Landana et Loango .
Après avoir changé deux fois de place, une autre station qui fut la capi-tale de l’Etat libre du Congo, Yivi ou M’Yivi, a fini par être abandonnée :pour siège du gouvernement, Stanley fit choix du sommet d’un plateauqui domine la rive droite du fleuve, à une faible distance en aval de la
' Wester, Ymer, 18S(>.
- Nipperdev, Zur Bedcutuny (1er Wochenmiïrkie am Conç/o, Revue Coloniale Internationale, 1887.