MOl'-UIlCONtiO, KOl'.MlA.
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Ma-Ynumhou méridionaux, appartenant tous aux familles puissantes, rési-dent dans le pays depuis un temps immémorial.
Au sud des tril«us ijui constituent le groupe des Congo et jusque dans laprovince de .Mossàmedes , s’étend le domaine glossologiqtte des Bounda(Boundo, Bondé), appidés quelquefois Angola comme l'ensemble du terri-toire. D’après une étymologie, qui ne parait guère probable, le nom dellounda aurait le sens do « tiens qui frappent» ou Vainqueurs, et rappel-lerait en effet les invasions successives de la race et ses victoires sur lesaborigènes '. Celte appellation semble plutôt signifier « famille, des-cendance »’, impliquant ainsi de la pari de ceux qui parlent la languecommune la conscience de leur parenté. Le bounda ou liligua gérai del’Angola est un des idiomes les plus répandus dans l'Afrique et l’un deceux qui, sans avoir encore été étudiés à fond, sont cependant connusdepuis le [dus longtemps : dès la lin du dix-septième siècle, une grammaireangola était publiée à Lisbonne et déjà des traités religieux avaient été ré-digés en celle langue; depuis plus de deux siècles des Européens parlent lebounda". Le domaine glossologique de l’idiome, qui, d’après Monteiro,commence immédiatement au-dessous de la rivière Bandé, s’étend bien audelà des frontières de l'Angola : le bounda est sinon parlé, du moins com-pris par de nombreuses tribus de l’intérieur qui vivent en relations decommerce avec les caravaniers bounda. Ce n’est pas comme « vainqueurs »,c’est comme marchands que les habitants d'Angola ont propagé l'usage deleur « langue franque » jusque dans les bassins du Congo , du Kou-Bangoet du Zambèze . Dans les possessions portugaises, l’idiome présente deuxdialectes assez distincts pour qu’on les ait même classés comme deslangues à part : le bounda proprement dit ou l’angola, que l’on [tarie annord du Cuanza , et le bounda du sud, qui domine dans toute la régioncomprise entre Benguella et le pays de Bilié*. Des mots portugais ontpénétré dans toutes les langues de l’intérieur, jusqu’au delà du lvassaï.
Ainsi les Bounda, A-Boundo, ou Bin-Boundo se divisent en deux grou-pes principaux, celui du nord et celui du sud; mais ceux-ci, loin de formerdes corps de nation compacts, se subdivisent à leur tour en un grandnombre de tribus, arrivées à des degrés de civilisation très divers : les unes,soumises à l'influence des blancs, dans le voisinage du littoral ou dans lesplantations de l’intérieur, sont relativement policées; les autres sur les
1 Caimceatini, Diccionario de lintjuci blinda.
- Vusl. ouvrage cité.
3 Kiu-hounda de Magyar ; tieni-boimdo de Pinto; am-bounda de Sanders.■* Ladislas Magyar, ouvrage cité; — Sanders. cité par Cust.