NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.
5.VJ
plateaux ou dans les vallons écartés des montagnes, sont restées à l’étatsauvage. Ceux des Boumla qui ont le mieux gardé la pureté de la race aussiBien que les coutumes d’autriTois sont les Ba-Xano ou « Cens des Monts »,opposés aux Ba-Bouero ou « Cens des Plaines» 1 ; M.N’ogueira étend ce nomde Ba-Nano ou Nanno à l’ensemble du groupe national. Résumant les tra-ditions des Boumla qui vivent dans la région de montagnes située ausud du Cuanza , Magyar dit que les tribus sont venues du nord-est versle milieu du seizième siècle. Les ancêtres de la nation, farouches anthro-pophages, portaient constamment la guerre chez les tribus des alentourspour se fournir de chair humaine, et quand ils ne trouvaient pas d'ennemisà combattre, ils s’exterminaient entre eux. La race entière était menacée dedisparaître dans ces tueries incessantes, lorsque, dit la légende, se formaune société secrète, celle des empacasseiros ou chasseurs de buffles, qui sejurèrent de ne plus manger d’autre viande que celle des bêtes de la forêt :une queue de buffle ceinte autour de leur tête, des anneaux formés desboyaux de l’animal enroulés aux bras et aux jambes distinguaient les gensde la confrérie. A la tin, les ligueurs devinrent assez puissants pour entreren révolte ouverte contre les cannibales fidèles aux anciennes coutumes,mais il leur fallut quitter le pays, franchir le haut Cuanza dans la direc-tion de l’ouest et s’établir dans le pays des Baïloundo et dans les territoiresvoisins, où ils apprirent graduellement à cultiver le sol et devinrent lesfidèles alliés des Portugais : dès leurs premières « guerres noires », ceux-ci avaient à côté d’eux des bandes d’archers empacasseiros, parfois aunombre de 50 000 individus. De leur côté, les Boumla restés à l’est duCuanza , devenus trop faibles après l’émigration des empacasseiros pourcommander aux autres peuplades de la contrée, se seraient graduellementfondus avec elles, cl, bien que sauvages encore, leurs mœurs se seraientfort adoucies.
Quoi qu’il en soit de la valeur de ces récits où la légende se mêle àl’histoire*, il est certain que les sacrifices humains et des restes d’anthro-pophagie se sont maintenus dans les cérémonies du culte au moins jus-qu’au milieu du siècle. D’après Ladislas Magyar, qui lui-même était gendredu roi de Bihé, et comme tel un des princes de la principale tribu desBoumla, le cadavre du chef devait être arrosé du sang des esclaves, et l’in-tronisation d’un nouveau maître ne pouvait se faire qu’après une chasse àl'homme dans laquelle le candidat au pouvoir s’_ ' d’individus de
1 A. F. Noguoira, .4 Itnça Xeijra.
* Travassos Valilez. Six Ycars of a TraveHcrs Life.