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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
comme marchands que se distinguent les Bounda : ce sont eux quigèrent les affaires des traitants portugais dans l’intérieur, et souvent ilsdépassent leurs éducateurs en intelligence commerciale. Désignés parLivingstone sous le nom de Mambari, les Bounda des plateaux accom-pagnent les marchands en caravanes jusque dans l’intérieur de l’Afrique ;on les appelle aussi pombeiroa à cause de leurs voyages dans la brousse,le pombe des indigènes ou sertàn des Portugais . Quelques-unes de cescaravanes étaient composées de oOOO individus, et parfois elles se chan-gèrent en armées pour le pillage. Nombre de Bounda envoient leursenfants dans les villes du littoral pour leur faire donner une éducationeuropéenne.
Les pays bounda sont divisés en chefferies, dont quelques-unes com-prennent une population considérable; mais chaque village constitue unecommunauté indépendante, se gouvernant librement pour les affairessans importance générale. Du reste, ce n’est point dans des conditionsd’égalité que délibèrent les citoyens, car les privilégiés sont nombreux,les uns par droit héréditaire, les autres par choix du souverain ; en outre,plus d’une moitié de la population est asservie. Les guerres fournissent descaptifs, les famines forcent des malheureux à se vendre, et les dettes sepavent de la liberté; même il est arrivé que, pour acquitter les dépensesd’une fête mortuaire, on a mis en vente les propres enfants du mort. D’au-tre part, presque tous les esclaves se marient avec des femmes libres, afinde rejeter ainsi leur travail sur des captifs moins heureux et d’assurer laliberté de leurs enfants, car les fils et les filles suivent toujours la con-dition de la mère. Souvent la vie d’un esclave est ^ ’e comme ayant lamême valeur que celle d’un homme libre, quand il est apparenté à quel-que chef par sa femme; son cadavre est interrogé par les sorciers, commecelui des autres Bounda : on cherche à savoir si la mort n’a pas été causéepar un maléfice et quel est le magicien coupable, caries esprits des mortsnon pacifiés ne manquent pas de revenir sur terre et d’inquiéter lesvivants jusqu’à ce que justice leur soit rendue.
Au delà du haut Cuanza , les populations qui vivent au sud-est desBounda, des Iluainba et des Quimbandes, tribus confédérées de forgeronset de chercheurs de cire, éparses dans les dépressions du plateau, sontconnues sous le nom de Ganguella, tenue qui paraît avoir pour originele mépris dans lequel sont tenus ces indigènes : l’appellation aurait lesens de « sots, gens sans esprit «, et l’on disait naguère en preuve de cetteinintelligence que les Ganguella considéraient l’eau-de-vie comme un poi-son et que les premiers importateurs de la pernicieuse denrée furent mas-