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(ouïes les professions : ali 11 que tous les métiers prospérassent sous songouvernement, il fallait que tous fussent représentés par des victimes; desjeunes tilles, même des femmes enceintes étaient destinées à la mort pourque la fécondité fût assurée pendant le règne futur, et des enfants, arra-chés du sein de la mère, servaient à la fabrication d’élixir de longue vie.J,ors des changements de règne, on faisait aussi choix d’un héros pour que leroi put en manger le cœur; mais il fallaitque cet homme d’élite fût frappédans la plénitude de sa force el de sa joie : on l’ahattait soudain au milieud’une danse de guerre, hors des processions mortuaires, malheur à l’élran-gerqui se serait présenté sur le chemin du convoi ! Il eût été aussitôt entraînéde force et tué sur le loinheau. Du reste, la coutume autorisait le meurtrependant, une période de sept jours, de règne à règne, el les soldats régu-liers de la troupe permanente, les « Fils de l’Eléphant », en profitaient,pour piller et massacrer à leur aise. Mais en temps ordinaire on ne sacri-liait que des animaux : le guerrier offrait aux féticheurs une chèvre noireou une génisse de même couleur: le fiancé livrait une hèle d’un hlanc sanstache.
Les Bounda, surtout les Nano ou tiens du haut, pays, sont en général debeaux hommes, de tière attitude et de ligure ouverte : il n’est pas rare derencontrer parmi eux des individus ayant des yeux bleus, nuance qui n’estpoint appréciée chez les naturels. Dans la plupart des tribus, les femmes sonttatouées de dessins représentant des fleurs el des arabesques; elles ont latète nue, tandis que les hommes enroulent une sorte de turban autour deleur chevelure ou la divisent en une multitude de tresses ornées de houlesd’argile simulant le corail. Aux étoffes du costume les chefs ou sobuajoutent, comme ceux de presque toute l’Afrique , une peau de panthère ond’autre animal féroce : cette dépouille est un symbole de la terreur quidoit les accompagner ; quelques peuplades pratiquent la circoncision, tan-dis qu’elle est inconnue chez d’autres; il en est chez lesquelles les seulschefs sont circoncis: ils doivent se soumettre à cette opération avant dejeter la peau de panthère sur leurs épaules 1 . Les Bounda sont pour la plu-part fort intelligents : sous la direction des blancs ils apprennent vite lalecture, l’écriture, la musique; en peu de mois ils parlent correctement lalangue portugaise eldeviennenl d’excellents ouvriers; chaque communautéa son forgeron, qui est en même temps un armurier, sou charpentier, sontisserand, son potier, son trappeur, assistant aux assemblées publiquessuivant un ordre régulier de préséance. Mais c’est principalement
1 Ladislas Magyar, ouvrage elle.