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et de cymbales, la fiancée s’arrête de porte en porte, s’offrant an plus fortenchérisseur. Le lendemain la même procession de matrones l’amène àson époux : les deux familles n’ont pas à subir la honte d’une noce sansfestin. Chez les Mon-Ndombé restés sauvages, de même que chez les Quis-sama, cette pratique est encore universellement observée 1 . Dans les vil-lages de l’intérieur, la fiancée doit faire sa promenade nuptiale complète-ment nue, mais couverte des pieds à la tète d’un badigeon d’argile blanche,gage de prospérité.
Dans l’Angola , les blancs ne sont représentés que par un nombre d’indi-vidus relativement minime. Environ quatre mille habitants de l’immenseterritoire sont Européens d’origine ; encore presque tous sont-ils venus avecespoir de retour dans la mère patrie. Les Portugais et les autres blancs quis’établissent dans l’Angola sont des marchands et des industriels ayant l’am-bition de faire rapidement fortune, ou des fonctionnaires et des soldatspour lesquels le service en pays lointain est compté double sur le tableaud’avancement. Aussi n’est-il pas étonnant que les territoires compris entrela « Côte » et la Contre-Côte », entre la bouche du Zaïre et celle du Zam bèze , soient en grande partie une terre inconnue; quoique indiqués surles cartes portugaises comme formant un seul domaine lusitanien, ellesn’ont été traversées d’une rive à l’autre que par un bien petit nombre devoyageurs. 11 est rare de rencontrer un Européen qui puisse être considérécomme un véritable immigrant, se fixant à demeure sur le sol africain .C’est que pour les Portugais eux-mêmes les tentatives d’acclimatement dansla zone tropicale sont dangereuses. Sans doute on peut citer de nombreuxexemples de blancs qui ont passé la moitié d’une longue existence dans lesvilles commerçantes du littoral ou dans les plantations de l’intérieur, maisil est rare qu’ils apportent la même énergie au travail que leurs compa-triotes restés en Europe , et pour vivre en santé il leur faut s’absteniravec soin de travaillerai! soleil; tous se font porter en tipoya, palanquinsuspendu à une lige élastique de palmier appuyée sur l’épaule de deux trot-teurs nègres. D’une manière générale, on peut dire que le blanc, surtoutcelui qui vient de l’Europe du nord , ne peut s’accommoder qu’exccption-nellement au milieu de l’Afrique portugaise : au nord de Mossàmedes lal'ace ne s’acclimate point ; les familles 11 e peuvent subsister qu’en reve-nant au pays d’origine; toutes les colonies fondées ont misérablementpéri. Alais les émigrants dn Portugal ou de Madère qui s’établissent dans ledistrict de Mossàmedes, déjà situé à 1700 kilomètres au sud de la ligne
1 Lux, Von Luanda imch Kimbumlu.