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En dehors des crimes commis, comme dans tons les autres pays, pourcause de luttes dynastiques, aucune attaque ne se fait ni contre la vie, nicontre la propriété, quoique chacun porte des armes et que nulle policen'intervienne entre les citoyens. Ce sont les Portugais qui ont apporté dansle pays débauche, disputes, violences et misère'. Ainsi que dans presquetoutes les contrées où les Européens entrent en relations avec les naturels,leur œuvre commence par être lunes le : ils corrompent les populations, aulieu de les améliorer; parfois ils les déciment o« même les exterminent.Avant que l’union s’accomplisse de race à race et que les progrès de chaquepeuple profitent à tous, on passe par une période de lutte, où les faibles suc-combent devant les forts.
Les noirs policés de l’Angola sont désignés uniformément sous le nomde prêtas, tandis que pour les naturels restés en dehors de l’influence por tugaise on emploie le synonyme negros, souvent prononcé d’une manièreméprisante. Soumis à l’influence des Européens et à celle des immigrantsCabinda, qui, à l’égal des blancs, doivent être considérés comme les véri-tables civilisateurs des habitants de l’Angola , les prelos habitent surtoutles ports de mer et leur banlieue : il faut aussi compter parmi eux les rive-rains bounda du bas Cuanza , les Ambaquistas ou gens du district d’Am-baca, dans le bassin du Lu-calla, enfin les Bihenos ou populations du pla-teau de Bilié, où se fait le partage des eaux entre Cuanza , Cunéné , Kou-Bango et Koua-Ndo. Il n’est pas rare de rencontrer des gens instruits par-mi ces nègres policés : ils fournissent au commerce la plupart de ses em-ployés et quelques-uns de ses fonctionnaires à l’administration coloniale;un grand nombre gèrent ou possèdent des plantations. D’ailleurs la raceest notablement mélangée chez ces pretos, et du noir pur au teintplus clair qui classe les indigènes parmi les blancs se succèdent toutes lesnuances de la peau. Graduellement ces noirs d’Angola s’assimilent auxPortugais , dont ils parlent la langue et partagent les idées. Cependantmainte pratique des pretos qui vivent dans les faubourgs des villes rappellel’ancienne sauvagerie. Ladislas Magyar cite une de ces coutumes qui s’é-tait maintenue jusqu’au milieu du siècle parmi les Mou-Xdomhé des en-virons de Benguella, bien que les noirs « civilisés » ne veuillent, pas êtreconfondus avec les Mou-Ndombé sauvages de l’intérieur. C’est la vakoungct,c’est-à-dire la vente aux enchères, pour une nuit, des jeunes filles dontles parents ne sont pas assez riches pour payer les repas somptueux dela noce. Accompagnée des femmes du quartier, précédée de drapeaux
1 Nogueira, ouvrage cité.
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