BE-CHOUAN A.
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qui parlent le hollandais, Le dimanche est un jour de repos, même pourles Be-Chouana qui ne prétendent pas être convertis au christianisme, et,en l’ahsence des missionnaires, le chef récite une liturgie et entonne despsaumes dans les lieux d’assemblée. D’une intelligence vive, mais avanttout porté à l’imitation, le Mo-Chouana cherche à ressembler à l'Européen,et parfois y réussit à merveille. Pendant ce contact des blancs et des noirs,qui dure depuis plus de deux générations déjà et qui commença par lepillage et le massacre, la race la moins forte a fini par s’accommoder auxformes de civilisation que lui ont apportées les envahisseurs.
Les Be-Chouana sont très affables et se parlent toujours avec respect.En général ils sont pacifiques de nature; cependant les guerres étaient fré-quentes jadis, causées presque toujours par le vol de bétail : « îSos pèresont perdu leur vie en vous pourchassant, ô bœufs, et c’est aussi en vousguettant que nous trouverons la mort! » C’est là ce que chantaient na-guère les jeunes Ba-Mangouato'. Mais dans ces derniers temps la plupartdes Be-Chouana ont renoncé aux expéditions guerrières : de pasteursnomades et de chasseurs qu’ils étaient, ils se font de plus en plus agri-culteurs sédentaires : chaque homme, chaque adolescent, chaque iiIlemême, a son terrain de culture; dès ses tendres années l’enfant apprend àbêcher le sol 1 2 . Encore au commencement du siècle, les Be-Chouana selivraient à des pratiques d’anthropophagie religieuse. Les vaillants quipendant la guerre avaient tué leur homme rapportaient un morceau ducadavre, le nombril avec un fragment de la peau du ventre, puis, sous laprésidence d’un magicien, se réunissaient pour célébrer leur victoire.Accroupis autour d’un grand feu, ils faisaient griller la chair sousla cendre, et la dévoraient, pour doubler ainsi leur courage du courage del’ennemi. Puis, afin de témoigner son mépris de la souffrance, chacund’eux tendait sa jambe nue et d’un coup de sagaie le prêtre y faisait unelongue estafilade de la hanche au genou, assez profonde pour que la cica-trice ne s’en effaçât jamais, et, malgré leur blessure, les guerriers devaientse livrer à la danse jusqu’aux heures du matin 3 .
La tribu la plus méridionale des Be-Chouana est celle des Ba-Tlaro,établie sur la frontière nord-occidentale de Griqua-lamMYesl, mais elles’est en grande partie fondue avec celles des Ba-Tlapi 4 , les « Gens duPoisson », qui ont en effet le poisson pour emblème national, et se gardc-
1 Chapman, Travels into Ihe interior of South Africa .
2 J. Mackenzie, Scottish Geographical Magazine, June 1887.
" II. Lichtenstein, Rciscn im siidlichcn Afrika in den Jahrcn 1803, 1804, 1803 und 1800.
4 Maatjaping, liachapin, Matchapees, Batlaping, Ba-lllapi des divers auteurs.