550
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
hreux, cinq cents environ. La superficie de: la contrée osl évaluée à 25 17T>kilomètres carrés, et, relativement aux autres pays de l'Afrique australe ,la population y est fort dense : en 1885, elle était déjà évaluée à ISO000individus, soit 7 habitants par kilomètre carré. Sur le nombre des habi-tants, quelques milliers sont des Ba-Uolong, réfugiés de la(l’Orange.
Les Ba-Souto sont les représentants de la famille be-ebouana qui ont étéle mieux étudiés : depuis 1835, des missionnaires protestants français sontétablis au milieu d’eux, décrivant leurs mœurs et contribuant à lesmodifier. Enclavés comme ils le sont entre des territoires appartenant àdes immigrants européens, la colonie du Cap , le Transvaal, la Aatalie, lesBa-Souto ont dû s’accommoder à un milieu nouveau et ils ont su le faireavec une remarquable intelligence. Tandis qu’en tant d’autres contrées lecontact des blancs et des autres races a eu pour conséquence l’appauvris-sement, la déchéance et la mort des indigènes, les Ba-Souto ont heureu-sement traversé la crise d’assimilation; tout en gagnant en connaissanceset en industrie, ils s’accroissaient rapidement en nombre; le pays étaitpresque désert il y a un demi-siècle : c’est actuellement i’un des pluspopuleux de l'Afrique . Chez les Ba-Souto la civilisation n’est pas simple-ment extérieure et ne consiste pas uniquement à remplacer les littross depeau par des vêtements de laine et de colon importés d’Angleterre, et àbâtir des maisonnettes de brique ou de pierre au lieu de buttes en bran-chage. Grâce aux éeoles, dont l’entretien est la principale dépense de lanation, ils jouissent déjà d’une instruction moyenne supérieure à celle demainte population européenne, et, lors des examens, nombre de Ba-Soutoréussissent beaucoup mieux que les élèves de race blanche. Des milliersd’entre eux parlent le hollandais et l’anglais ; ils lisent des livres et desjournaux se-chouana, et quoique presque tous les chrétiens, — environ lesixième de la nation, — soient les élèves des missionnaires 1 , ils ne sebornent pas à répéter servilement ce qu’ils ont entendu; il est des Ba-Soutoqui réfléchissent, discutent les idées et suivent leur voie personnelle 2 .Enfin, les diverses tribus ont cessé de batailler les unes contre les autres,la guerre n’est plus en permanence; les pâtres, privés de leurs bestiaux,n’en sont plus réduits au cannibalisme, qui jadis « était partout 3 ». et lesnoirs regardent avec la même horreur que les blancs les « cavernes desmangeurs d'hommes », désormais abandonnées. Un sentiment de cohésion
1 Écoles du Le-Souto en 1886 : 78, avec 5600 écoliers.
- Letourneau, Physiologie des Passions; — Elie Reclus , Revue d'Anthropologie, 1884.
3 Arbousscl et Damnas, Relation d'un voyage d'exploration au nord-est de la colonie du Cap .