FLEUVES , CLIMAT DES PHILIPPINES. 033
à-dire que la température, fort élevée eu moyenne, n’oscille qu’entre deslimites assez rapprochées. La chaleur mensuelle, variant de quelquesdegrés à peine, ne sert point à distinguer les saisons : le partage de l’an-née se fait comme dans l’Insulinde , par le renversement des moussons etl’alternance de la pluie et des sécheresses 1 * .Pendant une moitié de l’année,d’oclohre en avril, c’est le. vent normal du nord-est ou courant polaire quisouille sur les Philippines ; d’avril en octobre, c’est la mousson qui seprécipite du sud-ouest et devient maîtresse de l’air. Dans la successionnormale des courants aériens, les vents tournent régulièrement du nord-est au sud-ouest en passant par l’est et le sud, et du sud-ouest au nord-esten passant par l’ouest et le nord; mais, lors des changements de moussons,la lutte d’équilihre qui se produit entre les nappes d’air en mouvementest toujours attendue avec anxiété, car on peut craindre alors la forma-tion soudaine de barjuios ou varjuios, c’est-à-dire de typhons 5 . Ils naissentdans l’Océan, à l’est des Philippines , traversent l’archipel au nord de Min danao et parcourent la mer de Chine en déplaçant leur centre vers le nordet le nord-est., tandis que la spirale du vent se meut du nord au sud parl’ouest, et du sud au nord par l’est, en sens inverse des cyclones de l’océandes Indes . C’est en automne, lorsque le vent normal du nord-est reprendla suprématie, que les tournoiements de Pair sont le plus à redouter. Leseffets de ces météores sont parfois désastreux : en mainte tempête, lesnavires ont été coulés par dizaines, des villages démolis ont été emportésdans le vent, des milliers de personnes ont péri. Le typhon qui passasur Manille en 1882 est le plus terrible dont on ait souvenance : la colonnebarométrique était tombée à moins de 728 millimètres, et la vitesse duvent atteignit 252 kilomètres à l’heure 3 * . Un câble électrique immergé entreManille et Hongkong signale maintenant à la côte chinoise l’approche de latempèlcet les marins prennent leurs précautions contre l’imminent danger*.Sur les côtes orientales de l’archipel on observe fréquemment, surtout à larenverse des moussons, des raz de marée ou dolos, qui sont aussi trèsredoutables pour les embarcations, et qui sont dus probablement à l’ac-
1 Températures observées à Manille :
Moyenne de 1870 à 1880, d'après Faura .... 27°,04
Écart total des températures. 20°,9
Extrême maxima, d'après Semper (septembre). . 56°
» minium » » (février) ... 15°, 1
Pluies annuelles : de 2 m ,27 à 2”,70 (d'après Jagor).
- Yillaviccncio, Memoria de la comision hidroyrafica, 1874.
3 Frank Plant, Journal of tlic Manchester Geugraphical Society, 1880.
i Montanu, ouvrage cité.