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en pleine mer aux pirates de Joie et de .Mindanao , ceux-ci n’eurent guèreà redouter les navires de guerre européens ; même lorsque des bateaux àvapeur légers eurent commencé leurs croisières, les forbans, avertispar la 1 innée qui se montrait à l’horizon, avaient le temps de se cacherdans les criques et les détroits, ou de s'engager au milieu de récifs où nulue pouvait les suivre, ha piraterie n’a été presque entièrement détruiteque pendant la deuxième partie de ce siècle, par la prise de possessionelleetive du littoral de Mindanao et par l’occupation de Jolo . (l’est en 1871)que les Espagnols se sont fermement établis dans cette dernière île ; s’ilsn’avaient suivi l’exemple donné par les Hollandais et les Anglais sur lescôtes de Bornéo , l’archipel des Pirates eut été certainement conquis parquelque puissance navale de l’Europe . Si ce n’est pour les prescriptionsrelatives à la « guerre sainte », les Maures de Jolo et de Mindanao n’ob-servaient guère le Coran ; malgré leur grand prêtre, le mrif (chérif), etleurs pumhta, ce sont de mauvais mahomélans, mangeant la chair duporc et buvant des boissons fermentées comme les « infidèles ».
Les populations païennes, indonésiennes ou malaises, souvent confon-dues par les Espagnols sous le nom général d’igorrotes, constituent encoreune part considérable des habitants de l.uzon et de Mindanao : plusde cinquante « nations » différentes vivent dans l’archipel. Les Igorrotesproprement dits peuplent, à l’est des 1 locus, la vallée de Benguel et lesrégions montagneuses des alentours. Les Tinguianes, en partie christia-nisés, ou du moins possédant des crucifix, dont ils se servent comme detalismans, sont au nord les voisins des Igorrotes, tandis que les Mon-goles, les Jfugaos, les Calalanganes, les Irayas et autres vivent à l’est,dans le haut bassin du Cagayan. On observe un remarquable contrasteentre les Igorrotes et leurs voisins les Tinguianes : autant les premierssont braves, autant les autres sont timides; les Igorrotes ont le teintbronzé, les Tinguianes ont la peau presque blanche; la plupart des voya-geurs voient en eux des métis d’origine chinoise. Les Igorrotes paraissentêtre des Tagal ayant gardé la religion et les mœurs primitives. Ils croienten un dieu suprême et en d’autres dieux, qui personnifient les phénomènesde la nature, et ils leur offrent des sacrifices; mais leur principal culteest celui des anitos ou ancêtres, dont les âmes frissonnent avec les feuillesde 1 arbre sacré planté à l’entrée du village; parfois aussi les aïeux semontrent sous forme d’animaux, et en maints endroits de l.uzon, commeà Eelêbès, les viviers sont emplis d’anguilles que les indigènes nourrissentavec une piété filiale. Les vieillards sont très respectés, et quand ils meurenton doit célébrer un grand repas en leur mémoire; autrefois le cadavre