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une sorte d'écriture. Les indigènes des Palaos possèdent aussi un systèmegraphique analogue aux qnipos des Incas du Pérou : ce sont des cordes etdes cordelettes que l’on noue de diverses manières pour leur l'aire exprimerles idées à échanger. De même que dans l'Europe du moyen âge les expé-diteurs de messages remettaient leur hague au porteur, en garantie del'authenticité du pli, de même aux îles Palans ceux qui envoient un quipo11 e manquent pas d'y ajouter leur petit couteau en écaille de tortue 1 .
Les morts sont très honorés dans l'archipel des Palaos . On lave le corps,on l'habille de neuf et on l’orne de tous ses hijoux, à l’exception de la ver-tèbre de dugong, trop précieuse pour que l’héritier consente à la perdre,puis on procède à l’enterrement, souvent la nuit, à la lueur des torches etdes bûchers. La tombe est creusée devant la porte même de la demeure.Chaque maison est précédée d’une petite terrasse à huttes rectangulaires :c’est le cimetière de la famille; quelques-unes de ces terrasses sont ombra-gées de citronniers, et de petites cases s’y élèvent en l’honneur du grandkalite, le Dieu inconnu. Parmi les hommes, les plus proches parents sontles seuls qui soient, admis à la cérémonie de l'inlmmation, mais toutes lesfemmes du village sont conviées; en outre, quatre pleureuses en titre doi-vent rester pendant quatre mois dans la maison du défunt, et durant celtepériode il leur est interdit de se laver : à peine leur est-il permis de boire,à des intervalles très éloignés.
Les Etats sont très nombreux dans les Palaos : autant de villages, autantde chefs. Cràce à l’appui que lui prêta l’Anglais Wilson, après son nau-frage, en 1787), le «roi » de l'ile de Korœr, au sud de la grande îleBaobeltaob, acquit une sorte de suzeraineté sur ses voisins; mais son ascen-dant a diminué et la plupart des autres chefs ne voient guère en lui qu’unégal. Les titres diffèrent suivant les Etals : un des [tins significatifs estcelui de mntl ou « mort », dont le sens est qu’on 11 e saurait soutenir leregard du chef sans mourir. Mais à céilé du mad commande un krei, chetde l’armée et « maire du palais », qui dispose parfois d’un pouvoir su-périeur à celui du roi. Autour de lui s’assemblent les ruupak ou vassaux,ayant chacun son cortège de guerriers, habitant le même pa'i. La guerreest l’occupation par excellence de cette société féodale et c’est avec, uneimpitoyable cruauté qu’elle se poursuit : les femmes, les enfants ne sontpas épargnés. Le but principal est de se procurer des crânes, car le« grand kalite, disent les indigènes, aime à manger les hommes »,et c’est devant les magiciens, ses représentants sur la terre, que l’on
1 Mikhikho-Makt’aï, mémoire cité.
xiv.
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