Band 
Livre XIV. Océan et terres océaniques.
Seite
592
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

VJ-2

maladies, écarter ou appeler les lléaux. Leurs pouvoirs soûl héréditaires 'et eiiuj d entre eux ont la suprématie sur tous leurs confrères de larchipel.On leur hàtit des maisons et on les approvisionne en abondance de touteespère de denrées. I n poisson est aussi tenu pour kalile; enlin il existedes pierres divines auxquelles on offre des sacrifices et qui sont consi-dérées a la lois comme des symboles et des tigurations vivantes du kaliteklo-klo ou kalite suprême, appelé aussi Lios ou Dios, depuis que lesEspagnols et les insulaires des Palaos sont en relations de commerce. Lacroyance aux génies et les ordres des kalites et des chefs, qui veulent seréserver des jouissances interdites au vulgaire, ont compliqué lexistencedes indigènes dune foule de prescriptions et dobservances; un trèsgrand nombre dobjets et de lieux sont movgoul, cest-à-dire taboues.Chacun a sa vie réglée par des coutumes sévères.

Les femmes sont respectées et peuvent acquérir le pouvoir, soit commeJxalites. soit comme chefs suprêmes. Elles se groupent en associations,dont on reconnaît les privilèges, et lon assura même à Mikl'ukho-Maklaïque, en cas de crime ou de délit, la femme était jugée par ses pairesses.Des traces dun ancien matriarcat se maintiennent : ce nest pas lépousedu chef, mais sa sœur, qui est considérée comme la [tins noble et lhéritagedu pouvoir ne se fait pas du père au fils, mais du frère au frère. Le lieude bains réservé aux femmes est sacré : lhomme qui passe sans permis-sion à coté de baigneuses sexpose à être battu ou même tué par elles 1 . Leshommes de chaque caste, soldats ou nobles, se groupent également enassociations et possèdent des « clubs » particuliers, les pai, dans lesquelsnul ne peut pénétrer sans leur assentiment. Les associés achètent un cer-tain nombre de jeunes tilles, qui deviennent les épouses temporaires detoute la communauté et qui forment ensemble une petite cohorte privilé-giée, accompagnant les membres du club dans toutes les fêtes et les expé-ditions de guerre. Les paï, dressés sur de grosses pierres en forme depiliers, sont des édifices relativement somptueux, que lon décore avec leplus grand soin de figures sculptées et peintes. En groupe symboliquesélève au centre du fronton; aux parois sont appendues des rangées deligures découpées en bois, peintes de rouge, de jaune et de noir, les unesreprésentant des scènes de la vie locale et constituant une sorte dhistoire,les autres se rapportant à des mythes religieux. Ce sont les annales de lanation ou de la communauté, représentées sommairement et résumées enquelques parties par des signes abréviatifs que lon peut considérer comme

1 Semper, mémoire cité.