PA PO U A.
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une espèce de pagne en écorce ou de jupe en libres de plantes, parfoisun simple rotin auquel est suspendue une coquille ou une feuille. Letatouage n’est pas universel et les Papou» proprement dits 11e se recou-vrent, pas do dessins et d’arabesques comme les Polynésiens ; en outre, ilsse tatouent par brûlures ou par incisions, et non pas, comme les popu-lations mélangées du sud-est de Pile , au moyen de piqûres. Très désireuxde plaire, les Papou» se chargent d’ornements: peignes de bambou dansleur chevelure, baguettes passées à travers la cloison du nez, pendantsd'oreilles en os, en bambou, en coquillages ou en pierres brillantes,colliers, bracelets et chevillèresen vertèbres de poisson et même en dentshumaines, rehaussent leur beauté. Ils se peignent aussi le corps de cou-leurs vives. E11 signe de deuil, les Papoua se bariolent en blanc, en jauneou mi noir, suivant les tribus. Pour exprimer leur chagrin, les femmesde Katau, près des bouches du F 1 y, se recouvrent d’un réseau de corde-lettes, de la ligure jusqu’aux genoux 1 .
Certaines tribus papoua, parmi lesquelles résida Miklukho-Maklnï, surles bords de la baie de l’Astrolabe , généralement désignée de nos jourssous le nom de « côte Makl'aï », sont parmi les moins policées de laPapouasie : les métaux leur étaient inconnus, elles se trouvaient encoredans l’âge de la pierre, des coquillages et du bois, ne sachant point sefabriquer d’instruments avec d’autres matériaux. Seuls parmi les con-temporains, ces Papoua ignoraient l’art de produire le feu lorsque levoyageur russe vint bâtir sa cabane dans leur voisinage : quand lescharbons s’éteignaient dans une maison, il fallait en emprunter chez levoisin; après les expéditions, 011 s’en prêtait de village à village. Lesvieillards racontent qu’à une époque peu éloignée le feu était com-plètement inconnu : 011 mangeait la viande crue, ce qui avait pour consé-quence de faire régner le scorbut. Peut-être cet état de civilisation est-ilcelui des indigènes de l’intérieur, restés en dehors de toutes relations avecles étrangers ; mais la plupart des riverains, visités par les Malais et lesBougi, les marins d’Europe et d’Amérique , ont depuis longtemps uneculture beaucoup plus développée. Tandis que certaines tribus ne connais-sent que la chasse, la pèche, la cueillette, il en est qui savent cultiver laterre et qui défrichent de vastes clairières dans la forêt; ils plantent dessagoutiers dans les terrains humides, entourent leurs cabanes de bana-niers, sèment le maïs, le taro, le tabac, exportent même des productionsagricoles en échange de marchandises d’Europe , notamment des armes et
1 D’Albcrlis, Renie il Anthropologie, 1876.