NOUVELLE (,ÊO(;RA PII IL UNIVERSELLE.
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dos instruments en fer. Naguère ils n employaient (jne les déclics cl lesjavelots à pointe de pierre, on en dois empoisonné, les rouleaux debambou, les _ ’ 's eu os, les épieux et les massues. En 1770, Cook,et depuis celle époque d’autres navigateurs ont remarqué sur la coteméridionale de la l’apouasie, à l’ouest du détroit de Terres, des indigènesqui les visaient avec un tube et leur envoyaient un projectile, accompagnéd’un certain bruit d’explosion ; mais ils ne purent se rendre compte dela nature de cette arme. Tes l’apoua possèdent aussi des instruments demusique de Cormes primitives, dûtes, tambours et buccins.
Si peu développés qu’ils soient dans les connaissances et les industries,les l’apoua ont un sentiment artistique très remarquable : comme sculp-teurs et ciseleurs, ils sont de beaucoup supérieurs à la plupart des nationsmalaises. Ne disposant guère pour leurs travaux d’art que de bambous,d’os, de feuilles de bananier, d’écorces et de bois, ils ne dessinent et negravent d’ordinaire que dans le sens de la fibre, c'est-à-dire suivant leslignes droites; néanmoins ils réussissent avec ces moyens primitifs àproduire des ornements tirs gracieux et d’une grande originalité, à taillerdos telmn ou statues colossales, représentant des chefs célèbres et desancêtres 1 * ; grâce à leur talent de graveurs et de sculpteurs, ils en sontmême arrivés à représenter de vastes scènes historiques et à raconterainsi les événements contemporains. De nombreuses tribus ont leursannales, soit dessinées sur des feuilles, soit peintes sur des rochers enécriture symbolique*. Los crânes des ennemis abattus, que l’on conserveavec soin pour orner les maisons, sont eux-mêmes en certains endroitsenjolivés de dessins tracés sur un masque de cire et de résine. Sur lesbords du Ely, on se sert aussi de crânes comme instruments de musique:on y perce un ou deux trous, dans lesquels l'air se précipite en sifflantquand on fait tourner le crâne à la manière d’une fronde 3 .
Toutes les habitations des l’apoua, même celles qui s’élèvent dans l’in-térieur des terres, sont construites sur des rangées de pieux, d’après lemodèle des villages insulaires, qui sont entourés d’eau à chaque marée etqu'on ne peut aborder qu’en bateau. Ces groupes de cabanes, qui ressem-blent de loin à quelque récif émergé, de forme bizarre, offrent l’image par-laite de ce que furent les cités lacustres de l’Europe , il y a trois ou quatremille années. Des pieux inégaux profondément enfoncés dans le lit vaseux
1 0. Finsch, Samoa faltrlen.
- Leon, Tijdehrift roor Inilisclie Lanil-, Taal- and Yolkenknnde. vol. XIX : Mvtzger, Nature,Ajiril 9. 1685.
3 I*. Mantegazza, bulletin de la Société d'Anthropologie. 19 fév. 1881).