l’APOI'A.
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des haies soutiennent des planchers de lianes e( de poutrelles entrelacées,plus ou moins polis avec des instruments de pierre; au centre du réduit,une couche de terre glaise porte le foyer. Une petite varande court devantla maison : là jouent les enfants et s’installent les pécheurs. Des perches,sur lesquelles cheminent sans peur les indigènes, saisissant le hois deleurs pieds nus, réunissent les maisons d'une galerie à l’autre. Des croco-diles nagent au-dessous des cabanes pour se nourrir des déhris de cuisine,et maintenant des chaloupes européennes, même de petits bateaux àvapeur, sillonnent les rues et jettent l'ancre devant la maison commune,qui sert à la fois de temple, d’hôtel, de bourse et de marché. Dans lesvillages de l’intérieur les l’apoua ont conservé le même type de construc-tion que sur les côtes.
C’est par la construction de leurs bateaux que les I'apoua donnent lapreuve la plus remarquable de leur ingéniosité. Quand le mauvais tempss’annonce, ils amarrent deux, trois et même quatre de ces barques enune seule masse flottante qui s’élève et s’abaisse au gré des vagues sansjamais chavirer. Quelques-uns de ees latakoi ou bateaux de commerce ontjusqu’à six voiles rectangulaires faites en nattes de l’écorce du palmiersagou et retenues chacune par deux mâts verticaux plantés sur le bordagede l’embarcation. D’autres bateaux n’ont qu’une seule voile, d’une hau-teur double du màt, ovale, éehancrée dans la partie supérieure, de ma-nière à former deux cornes pointues qui de loin font ressembler la barqueà un animal prodigieux, quelque lucane énorme cheminant sur les mers’.Les indigènes savent aussi donner une grande stabilité à de simples nm-noxyles creusés par le fer et le feu, en plaçant en travers de la barqueune plate-forme qui repose à ses deux extrémités sur une poutre à boutspointus servant de balancier.
Quoique fort redoutés jadis par les marins de passage, la plupart desNéo-Guinéens sont de mœurs très douces : les femmes sont respectées, etles enfants traités avec une bonté parfaite; les esclaves, dans les raresdistricts où il en existe, ne sont point nourris ou habillés autrement queles hommes libres 8 ; on rend hommage aux morts par des fleurs, deschants et des cérémonies. Les rites diffèrent beaucoup suivant les tribus :les uns enterrent leurs morts aussitôt après la fin; d’autres attendentque le cadavre ait été desséché par le feu ou par le temps; ailleurs lesossements sont distribués entre les amis, et le fils orne son bras de la
' Octavius C. Stone, .4 few months in New Guinea .
i Achille RafîYay, Tour du Monde, 1879.