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Nouvelles-Hébrides , surtout du côté occidental qui est celui des pluies,est des plus insalubres : il l’est également devenu pour les naturels,maintenant décimés par la phtisie.
La llore de ces archipels, nourrie par un sol des plus féconds, com-prend un grand nombre d’espèces qu’on ne trouve point ailleurs, entreautres un arbre de la famille des myrtes, qui répand un parfum péné-trant et qui s’élève à plus de 12 mètres; une variété de cèdre, à feuillesd’olivier, atteint une hauteur beaucoup plus considérable et pourrait four-nir de grands mâts pour les vaisseaux. Presque tous les arbres desNouvelles-Hébrides sont très résineux, et la substance blanche et trans-parente qui en découle est fort appréciée par les rares industriels ayantpu en faire usage; le bois des Nouvelles-Hébrides le plus recherché pourl’exportation est le bois de sandal. Les plantes nourricières de ces archi-pels sont pour la plupart d’origine occidentale : Faire indienne de végéta-tion se continue jusque dans ces îles lointaines’ ; mais par cent espèces defougères, par le dammara et l’araucaria, les Nouvelles-Hébrides appar-tiennent aussi au domaine néo-zélandais . Sauf quelques variétés, les arbresà fruit sont ceux que possèdent les autres îles océaniennes : cocotiers,sagouliers, arbres à pain, bananiers. La plante par excellence est l’igname :ce tubercule constitue le principal aliment des habitants. Ceux-ci comp-tent les années par les récoltes : quand les pourvoyeurs d’hommes en-lèvent les insulaires pour les amener comme « engagés » dans lesplantations de Queensland , des îles Fidji ou de la Nouvelle-Calédonie ,le temps du service obligatoire est évalué dans le contrat, non pas enannées, mais en « ignames ». Quant à la faune indigène, elle est trèspauvre en mammifères : des chauves-souris et des rats, telles sont lesespèces primitives. Les cochons ont été importés; récemment encore lesnaturels de Tanna et de Mallicolo virent avec étonnement les premierschiens, amenés des îles de la Société . On trouve aussi à Tanna le pigeondes muscadiers.
Les deux archipels de Santa-Cruz et des Nouvelles-Hébrides occupent lazone de transition entre le monde mélanésien et la Polynésie , et leurspopulations offrent par conséquent une grande variété de types, suivant lemélange ou la juxtaposition des races. Chaque île présente un contrasteavec sa voisine; même sur une seule terre, des peuplades diffèrent gran-dement les unes des autres par l’aspect, les mœurs et le dialecte. Ainsique dans les Salomon et l’archipel Bismarck , les riverains et les gens