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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
de l'intérieur forment dos groupes de tribus bien tranchés, généralementdésignés, dans l’anglais jargonné de ces parages, sous les noms de man-saltwater et de man-bush , « homme de l’eau salée » el « homme de labrousse ». Mais, dans l'ensemble, e’esl le type mélanésien qui prévaut,même dans les îles méridionales, Va t é, Frromango, Tanna'. Les navigateursont remarqué que les naturels des îles du sud sont en général plus forts,plus grands et mieux bâtis que ceux des îles septentrionales. Mais pris enmasse, et considérés d’après nos règles ordinaires d’esthétique, ils ne sontpoint beaux : leur front est bas et fuyant, leur face élargie par deux pom-mettes saillantes, leur nez aplati et leur bouche épaisse; en diverses îles,les mères ont l’habitude de déformer le crâne de leurs enfants au moyende planchettes, qui allongent l’encéphale de l’avant à l’arrière, le rétré-cissent el l'abaissent 2 : c’est probablement à cette déformation artificielleque les indigènes de ^ anikoro et de Mallicolo doivent d’être, d’après Flower,les plus dolichocéphales des hommes. La chevelure et la barbe sont lai-neuses; les iXéo-1 Iébridais ont la peau presque noire et souvent détérioréepar les maladies. Ils cherchent à s’embellir en se perçant des trous dansles oreilles el la cloison du nez, en se faisant des entailles sur les braset sur la poitrine, en s’ornant la tête de coquillages, de feuilles, de touffesd’herbes, en s’enluminant de peintures tracées sur le corps au moyend’ocre rouge, de chaux et de pigments divers; mais le tatouage propre-ment dit est assez rare : dans les îles du sud il est même complètementignoré. Un grand nombre d’insulaires emploient de la cendre de boispour donner à leur crinière une belle couleur dorée. A Tanna le suprêmebon ton consiste à la diviser en une multitude de petites touffes liées pardes fibres végétales près de la racine des cheveux : il ne faut pas moinsde trois à quatre années, dit-on, pour compléter cette partie de la toiletted’un beau guerrier 5 . Lors de l'arrivée des Européens dans les îles, lesnaturels marchaient nus ou n'avaient d’autre vêtement que des pagnesd’écorce battue, de feuilles ou de libres de cocotier. Des insulaires quedécrit Cook se serraient tellement la taille avec une ceinture de cordes,qu’ils ressemblaient à de « grosses fourmis ». De nos jours, la plupart desAéo-Ilébridais emploient des étoffes européennes pour tout ou partie deleur costume. Us ne bâtissent point leurs demeures sur pilotis commeles Papoua et les Mélanésiens de l’ouest : ce sont presque toujours desimples toits en feuilles de palmier posés sur quatre nieux.
1 Ottn Finscli, Anlhropologische Ergdbnisse einer lieise in der Siidsee.
- Roberjot. Bulletin de la Société de Géographie , l or trimestre 1885.
" Cl. Markham, Cruise of the « Rosario » among lhe Neiu Hébrides.