Band 
Livre XIV. Océan et terres océaniques.
Seite
678
JPEG-Download
 

G78

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

de l'intérieur forment dos groupes de tribus bien tranchés, généralementdésignés, dans langlais jargonné de ces parages, sous les noms de man-saltwater et de man-bush , « homme de leau salée » el « homme de labrousse ». Mais, dans l'ensemble, eesl le type mélanésien qui prévaut,même dans les îles méridionales, Va t é, Frromango, Tanna'. Les navigateursont remarqué que les naturels des îles du sud sont en général plus forts,plus grands et mieux bâtis que ceux des îles septentrionales. Mais pris enmasse, et considérés daprès nos règles ordinaires desthétique, ils ne sontpoint beaux : leur front est bas et fuyant, leur face élargie par deux pom-mettes saillantes, leur nez aplati et leur bouche épaisse; en diverses îles,les mères ont lhabitude de déformer le crâne de leurs enfants au moyende planchettes, qui allongent lencéphale de lavant à larrière, le rétré-cissent el l'abaissent 2 : cest probablement à cette déformation artificielleque les indigènes de ^ anikoro et de Mallicolo doivent dêtre, daprès Flower,les plus dolichocéphales des hommes. La chevelure et la barbe sont lai-neuses; les iXéo-1 Iébridais ont la peau presque noire et souvent détérioréepar les maladies. Ils cherchent à sembellir en se perçant des trous dansles oreilles el la cloison du nez, en se faisant des entailles sur les braset sur la poitrine, en sornant la tête de coquillages, de feuilles, de touffesdherbes, en senluminant de peintures tracées sur le corps au moyendocre rouge, de chaux et de pigments divers; mais le tatouage propre-ment dit est assez rare : dans les îles du sud il est même complètementignoré. Un grand nombre dinsulaires emploient de la cendre de boispour donner à leur crinière une belle couleur dorée. A Tanna le suprêmebon ton consiste à la diviser en une multitude de petites touffes liées pardes fibres végétales près de la racine des cheveux : il ne faut pas moinsde trois à quatre années, dit-on, pour compléter cette partie de la toilettedun beau guerrier 5 . Lors de l'arrivée des Européens dans les îles, lesnaturels marchaient nus ou n'avaient dautre vêtement que des pagnesdécorce battue, de feuilles ou de libres de cocotier. Des insulaires quedécrit Cook se serraient tellement la taille avec une ceinture de cordes,quils ressemblaient à de « grosses fourmis ». De nos jours, la plupart desAéo-Ilébridais emploient des étoffes européennes pour tout ou partie deleur costume. Us ne bâtissent point leurs demeures sur pilotis commeles Papoua et les Mélanésiens de louest : ce sont presque toujours desimples toits en feuilles de palmier posés sur quatre nieux.

1 Ottn Finscli, Anlhropologische Ergdbnisse einer lieise in der Siidsee.

- Roberjot. Bulletin de la Société de Géographie , l or trimestre 1885.

" Cl. Markham, Cruise of the « Rosario » among lhe Neiu Hébrides.