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Livre XV. Amérique boréale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

c’est principalement au sud du Groenland que se tirent leurs découvertes.Même avant l’an mille, un marin qui cinglait vers le Groenland , Gjarnlleriulfson, s’était dirigé trop au sud, et des collines couvertes de forêts,appartenant probablement au continent américain , lui étaient apparuesdans le lointain; mais il ne tenta point d’aborder. Un des lils d’Krik leRouge, Loi !', le suivit dans ces parages : il découvrit d’abord une « terrepierreuse » ou Ilellu-land, désolée, entourée de glaces, qu’il faut proba-blement identifier avec la cote du Labrador, quoique les érudits Scandi-naves y reconnaissent pour la plupart File de Terre-Neuve; puis il poussaplus avant, jusqu’à une autre rive, celle-ci boisée, qu’il appela Markland.Faut-il y voir, avec Rafn, Kohl, d’Avezae, la côte de l’Acadie ou Nouvelle-Ecosse ? Celte hypothèse a été communément adoptée et c’est dans leRbode-island actuel, entre les 41 e et 42 e degrés de latitude septentrionale,que les commentateurs des sagas normandes placent d’ordinaire le Yinlandou « Pays du Ain », découvert également par Leif à la fin de l’an mille;ils montrent même une « pierre écrite » située sur les bords de la rivièreTaunton, dans le Massachusetts , en face du village deDighton, et disent queles traits gravés sur le roc racontent la conquête du pays par l’IslandaisThorfin 1 . Toutefois il paraît certain qu’un passage des anciens récits relatifà la longueur du jour dans Yinland a été interprété par Rafn dans un senstrop favorable à l’importance des découvertes accomplies par ses compa-triotes. C’est donc vers la limite septentrionale de la zone des vignes sau-vages, c’est-à-dire en Acadie ou dans le Nouveau-Brunswick , où croît aussile « blé sauvage » (zizania aqualka), mentionné dans la légende, qu’ilfaut placer le Yinland découvert par les anciens Normands 2 .

Quoi qu’il en soit, les Scandinaves fondèrent sur la côte ferme du Nou-veau Monde des colonies régulières dont la légende embrasse une périodede cent vingt à cent trente années. Après avoir pris possession du pays,en allumant de grands feux dont les rayons devaient porter au loin la nou-velle de leur venue, ils marquèrent à leur signe les arbres et les rochers,plantèrent leurs armes sur les promontoires et se construisirent des han-gars et des maisons fortifiées. Les sagas parlent de la naissance d’enfantsdans ces colonies et racontent aussi les combats et les meurtres de guer-riers : parmi les vestiges d’anciennes constructions attribuées.aux Scandi-naves on a trouvé des tombeaux. Gomme les envahisseurs de toutes lesnations d’Europe qui leur succédèrent, les pirates normands massacrèrent

1 Rafn, Antiquitates Americanæ.

- G. Stonn . Sludier over Vinlamlsreiserne; IVterinann's Mitteilungon, 188Ü, Hefl 1 ; —Halilmr-ton, Proceedmqs of lhe R. Geoyraphical Society, January 1885.