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Livre XV. Amérique boréale.
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DÉCOUVERTES AU NORD DE D'AMÉRIQUE .

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dos indigènes pour le seul plaisir de répandre le sang : l’œuvre d’exlermi-nalion commença dès l'arrivée des blancs. D’ailleurs, les anciens récits,transmis de bouche en bouche, mêlent diversement la labié à la réalité etmaint épisode n’a d’autre origine (pie l'amour du merveilleux. Une desterres du nord découvertes par lesYikinget rendues inhabitables par le froidporte le nom de Furdustrandir ou « Côte des Prodiges », à cause desétranges visions que suscitèrent devant eux les mauvais esprits. D’après lalégende, les nouveaux venus n’auraient pas eu à combattre seulement lesSkriillinger,— nom général sous lequel ils confondaient tous les indigènesdes terres occidentales, Eskimaux et Peaux-Rouges, — mais ils se seraientégalement heurtés à des populations blanches ou « vêtues de blanc », à deprétendus Irlandais chrétiens vivant sur les côtes du sud, ou dans l’inté-rieur, vers l’ouest' : c’est le llvitramannaland, le « Pays des Blancs »,ou Irland it Mikla, « la Grande Irlande ». D’autre part, si les sagas conser-vées jusqu’à nos jours renferment une large proportion de merveilleux,elles ne contiennent probablement qu’une faible partie de l’histoire réelledes Scandinaves en Amérique : peut-être la descendance de ces conqué-rants s’est-elle encore maintenue, en dehors du Groenland , dans les popu-lations du Nouveau Monde.

Après les découvertes faites par des hommes du nord dans les parages dunord, c’est vers les régions chaudes et tempérées d’oulre-mer que les navi-gateurs de l’Europe méridionale devaient chercher des terres nouvelles.D’ailleurs la mémoire des premières expéditions ne fut jamais perdue enentier, ou plutôt elle se confondait avec des traditions diverses. De mêmeque les Gallois et Irlandais, les Arabes racontaient l’histoire de leurs hérosnavigateurs, huit almacjrurim ou « Frères Errants » qui avaient quitté en1170 le port de Lisbonne en jurant de ne pas revenir avant d’avoir touchéles îles lointaines d’outre-mer; d’autres « frères » ou compagnons, desFrisons embarqués à Brême, auraient peu après poussé jusqu’au Groen-land 2 ; puis, à la lin du quatorzième siècle, deux Vénitiens, les frèresZeni, avaient visité la même contrée, dite par eux « Engroneland », et lesdétails qu’ils donnent, ainsi que certains traits de leurs cartes, ne permet-tent guère de mettre leur voyage en doute/’. Enfin, un Bolonais, Jean deSzkolno, fut envoyé directement au Groenland , en 1470, pour renouer lescommunications depuis si longtemps interrompues*.

' Rrauvois. La Découverte du Nouveau Monde par les Irlandais.i J. Kolil, Petennann’s Millheilutujen. 18G9.

3 Major, Journal of Ihe R. Geoyraphical Society, 1873.

4 LtTowel; — Kunstmann, Entdeckuny Amerika's.