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Livre XV. Amérique boréale.
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VOYAGES DE COLOMB.

lit

d'Asie par un document officiel menaçant tout contradicteur d’une forteamende, de l’amputation de la langue et de la peine du fouet'. Satisfaitd’avoir atteint cette cote de l’Asie qu’il s’était promis de loucher, etd’avoir trouvé dans Espanola de l’or et des esclaves, Colomb n’essaya pasde pousser plus avant dans la direction de l’ouest. Même dans son voyagede l’année suivante il se contenta de revoir les deux grandes îles et dereconnaître la Jamaïque , Puerto-Uico, ainsi que la traînée septentrionaledes petites Antilles . C’est en son troisième voyage seulement, six annéesaprès la découverte de sa première île, que Colomb atteignit enfin la« Cote Ferme » au delta de l’Orénoque et à la péninsule de Paria : ilavait mis le cap au sud d’après les conseils du juif Moïse Jacob Ferrer, quilui faisait espérer de plus riches trouvailles d’or et de pierres précieusessous une latitude plus méridionale 5 , « où les hommes ont la peau noire ».Bien que l’abondance des eaux versées par le fleuve lui eût fait conclurejustement que l’Orénoque est alimenté par un très vaste bassin continen-tal, Colomb ne. s’attarda pas à longer les côtes découvertes; il se hâta versEspanola , attiré par les mines d’or, qui devaient lui fournir assez derichesses pour lever « une armée de 4000 cavaliers et de 50000 fantas-sins et délivrer le saint sépulcre ». Le premier Européen qui visita le Nou-veau Monde, il fut aussi le premier planteur qui asservit les indigènes etles lit périr à son service. Mais il eut des rivaux dans cette œuvre fatale,et ce sont les rivalités d’autres concessionnaires de mines et d’indiens quifinirent par amener la révolte, les guerres intestines, et finalement le rap-pel de Colomb . C’est alors que, vieux et malade, il fut ignominieusementchargé de chaînes et ramené en Espagne .

Avant son troisième voyage, le découvreur du Nouveau Monde avaitobtenu que le monopole de l’exploration fût conservé à sa personne et à sadescendance 1 * 3 4 , et toutes expéditions indépendantes avaient été interdites,si ce n’est de Cadiz et sous des conditions onéreuses d’enregistrement.Toutefois cette loi ne fut point exécutée, et même plusieurs voyages inter-lopes auraient eu lieu pour éviter de payer des droits au fisc* sur lestrouvailles de mines. Du temps même où Colomb gouvernait Espanola ,deux bâtiments, sous la conduite de son ennemi Ilojeda et des deux fameuxpilotes Juan de la Cosa et Amerigo Yespucci, abordaient secrètement surles côtes de File et repartaient sans avoir attendu la visite de l’amiral. Ces

1 Xavarrete;— Ilumbolilt; — Oscar Peschrl ; —H. Barrisse, Notes on Columbus.

- Xavarrete, Colleccion de los Yiajes y Descubrimienlos que hicieron por mar los Espaiioles

3 lierrera, Imitas Occidentales ; — O. Peschel, ouvrage cité.

4 Al. de Ilumbolilt, Histoire de la Géoqrapltie du Nouveau Continent.