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Livre XV. Amérique boréale.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

navigateurs avaient egalement vu la Côte Ferme et sur une longueur derivages bien supérieure à celle qu’avait suivie Colomb , des plages basses deSurinam jusqu’au cabo de la Vêla, extrémité septentrionale de la pénin-sule des Goajiros, entre les côtes du Venezuela et de la IS’ouvelle-Grenade.Dans la même année 1409, mais avant Hojeda, Peralonso Nitio et Guerraavaient reconnu une partie des terres de Cumana. En 150U, Baslidas deSevilla terminait l’exploration première de tous les parages méridionaux dela mer des Caraïbes jusqu’au goli'e d’Uraba, tandis que, se dirigeant en sensinverse, le long des côtes orientales du continent, Vicenle Pinzon suivait lelittoral au delà du musoir oriental de Sào-Roque, vers l’endroit de la côteoù se trouve de nos jours la cité de Pernambuco , puis à son retour navi-guait sur la « mer Douce » que forme à son embouchure le fleuve des Ama-zones. Diego Lepe visitait les mêmes parages quelques semaines après, etc’est dans la même année, en 1500, que les treize navires portugais com-mandés par Alvarez Cabrai abordaient à l’île présumée de Santa Cruz,qui était en réalité la côte ferme du Brésil , dans la partie méridionale dela province actuelle de Rallia. Enfin l’année suivante, Amerigo Vespucci ,devenu pilote d’une flottille portugaise , poussait plus avant vers le sud, etreconnaissait tout le littoral du Brésil jusqu’à la baie de Cananea , dans lazone tempérée du sud. De là il se serait dirigé au sud-est sans voir de terre,si ce n’est un rivage lointain, vers le 52" degré de latitude : Nevv-Georgiaest Pile de l’Atlantique austral dont la position répond le mieux à cetteindication du grand navigateur.

Ainsi une énorme étendue de côtes, sur un espace d’environ 10 000 kilo-mètres, s’était révélée aux marins d’Europe depuis que Colomb avaitpénétré dans la « bouche du Serpent » et reconnu le delta de l’Orénoque .Il voulut se couvrir d’une nouvelle gloire et terminer sa carrière par ladécouverte d’un passage menant vers les Indes proprement dites : en prévi-sion de ses rencontres, il prit même avec lui un interprète arabe. Il attei-gnit d’abord la côte du Honduras et, croyant que celte terre n’était autreque la Chersonèse d’Or de Plolémée, c’est-à-dire la péninsule méridionalede rindo-Chine, il en longea la rive dans la direction du sud, afin d’encontourner l’extrémité. Il ne l’atteignit point, puisque l’isthme du Nou-veau Monde est continu ; mais, arrivé dans le voisinage des îles de Chiriqui,là où la langue de terre est déjà devenue fort étroite, il apprit qu’unautre Océan roule ses flots à une petite distance au sud et il s’imaginan’être plus qu’à « dix journées de navigation du Gange ». Cependant ilchercha vainement le passage et dut rebrousser chemin après avoir dépasséle cap San Blas, dans le voisinage immédiat de l’endroit où l’on espère