PASSAGE DI’ NORD-OUEST.
d'exploration et pénétra fort avant dans le large golfe qui s’étend à l’estde l’archipel Polaire et que, de son nom, après d'autres navigateurs, onappelle aujourd’hui « mer de Davis ». 11 découvrit aussi dans les terresoccidentales un fjord sinueux, le Northumberland-inlet, autre passageespéré vers les mers de Chine ; mais, l’ayant parcouru en 15<S7, il dutreconnaître que là aussi des îles et des rochers arrêtent les Ilots de l’Allan-tique. En 1010, le fameux pilote Hudson, alors au service de l’Angle-terre, crut être plus heureux : longeant la cote du Labrador, après Sébas-tien Cahot, il contourna en entier cette péninsule, puis, entre deux îlots,il aperçut, la mer ouverte s’étendant devant lui au sud et au sud-ouest.Qu’était cette mer, sinon le Pacifique? Il s’y élança joyeusement et cingladans la direction du sud; mais il ne devait point terminer son explora-tion : surpris par l'équipage en révolte, il fut déposé avec quelques com-pagnons dans un étroit canot et presque sans vivres. On ne sait où ilpérit. Au moins, en mourant, pouvait-il espérer avoir résolu le grand pro-blème géographique.
D’autres navigateurs pénétrèrent après lui dans la mer qui porte son nom,« baie de Hudson »; mais, si ce n’est, au nord-est et au nord, on reconnutque ce vaste bassin est fermé de toutes parts, et finalement le pilote Baf-fin déclara en 1(116 que tout espoir d’atteindre les mers de Chine par cegolfe devait être abandonné. C’est plus au nord, pensait-il, que devaits’ouvrir le détroit. Sous les ordres delîylot, il remonta donc vers le pèle parla mer de Davis, prolongée au nord-ouest par la mer actuelle de Baffin ets’avança même jusqu’à 77° 50', dans ce Smith-sound que nul navigateurne devait voir après lui pendant deux siècles et demi, Deux larges ouver-tures se montrèrent, à l’ouest : Jones-sound, encombré de glaces, etLaneaster-sound, où il pénétra prudemment. Mais à mesure qu’il avançaitles glaces se fermaient devant lui, il voyait les marées perdre en amplitude,et peu à peu l’espoir l’abandonna. Quand il revint en Angleterre, il pro-nonça son verdict : « Le passage du Nord-Ouest n’existe point. » On se letint pour dit et les entreprises de recherche furent presque entièrementabandonnées. D’ailleurs la Compagnie de Hudson, qui se fonda en 1669 età laquelle Charles II concéda d’immenses privilèges, possession, commerce,exploitation exclusive, veillait jalousement au maintien de son monopole :quelques marchands de Londres se trouvaient ainsi les maîtres, non seule-ment du littoral de la mer fermée, mais de toute l’Amérique boréale, et,pour se réserver le trafic des pelleteries, ils interdirent à tout rival l’ap-proche de leur domaine. Toute exploration du littoral fut défendue; toutedécouverte non autorisée se perdit dans les archives secrètes; de faux
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