NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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La caractéristique du climat de l'Amérique , comparé à celui de l’AncienMonde et surtout à celui de l'Europe , est sa moindre température moyenne :à latitude égale, il est plus froid, du moins dans l'hémisphère septen-trional, et même en certains endroits la différence atteint jusqu'à 8 degrés.Tandis que l’équateur thermal de l’Afrique et de l’Arabie dépasse 51) et51 degrés, il est seulement de 26 ou 27 degrés dans les _ As les pluschaudes du Aon veau Monde. Gel écart de température entre les deux rivagesatlantiques ne se maintient pas également pendant l’année : ce ne sontpoint les étés, mais les hivers de l'Amérique du Nord qui reculent, pourainsi dire, le continent tout, entier dans la direction du polo. Au mois dejuillet, les chaleurs sont aussi fortes aux Étals-l’nis que sous les latitudescorrespondantes d’oulre-Atlanlique, tandis qu’au mois de janvier les froidssont les mêmes sur les bords du Mississippi que sur les côtes de la Norvège .Les neiges recouvrent souvent le sol pendant des mois entiers à Saint-Louiset à Washington, sous la même latitude que Lisbonne, Messine et Smyrne ,villes où la neige serait presque inconnue, si elle ne se voyait parfois auxsommets des montagnes voisines : pour retrouver le climat hivernal deNew York sur les côtes européennes, il faut remonter à une vingtaine dedegrés vers le nord.
On sait quelles sont les influences atmosphériques et maritimes quidéterminent ce remarquable contraste de température entre les rivagesopposés que baigne l’Atlantique boréal. Les vents dominants dans l’Europe maritime sont ceux qui souillent du sud-ouest, c’est-à-dire des régions tro-picales de l’Amérique ; c’est dans le même sens que se meuvent les eauxde l’Océan : de la mer des Caraïbes et des parages équatoriaux elles se por-tent dans la direction du nord-est, sans avoir d’influence appréciable surle climat de l’Amérique septentrionale; elles n’agissent que sur les côtesoccidentales de l’Europe, jusqu’à la Scandinavie et au Spitzberg, tandisque le long de la côte nord-américaine passe un courant froid, venu desrégions polaires. Toutefois la marche de ces fleuves maritimes est loind’être réglée : ils n’ont pas, comme le croyait Maury, une trajectoire((ne l’on puisse calculer comme celle de l’obus sortant de l’àme du canon ;ils se déplacent beaucoup, se ralentissent ou s'accélèrent, se compliquentde reflux et de remous, subissent les mille influences du climat et réa-gissent à leur tour sur les alternatives des saisons. Les recherches hydro-graphiques faites par les marins, principalement sous la direction du« Bureau nautique » des Etats-Unis , ont démontré, que le « courant duGolfe» notamment, l’un des principaux agents du climat de l’Europe occi-dentale, est loin d’avoir des allures aussi régulières qu’on se l’imaginait