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Livre XV. Amérique boréale.
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CLIMATS, MERS 1)E L'AMÉIUQl'E.

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jadis, du moins à la surface, car on a pu observer en beaucoup d’endroitsque, sous les courants superficiels changeants, les couches aqueuses plusprofondes sont emportées suivant un mouvement régulier. Nombre* d’épaveset de navires naufragés, dont on indique avec soin la position alin demettre en garde les équipages contre toute chance de rencontre, décriventdes itinéraires sinueux, et reviennent même complètement sur leur di-rection première quand ils ont été saisis par des remous ou des contre-courants. Telle carcasse de navire se dirige des Bermudes vers la Floride ,en sens inverse du courant général dont les eaux se portent de l'Amérique vers l’Europe . Vers la fin de 1887, un accident permit de constater quelleétait dans cet hiver la marche générale du flot océanique à l’ouest deLong-island : la masse entière de Fonde se mouvait alors presque directe-ment de l’ouest à l’est sous les latitudes de New York, des Açores et deLisbonne . Un radeau, composé de 27 000 troncs d’arbres et formant unenavette effilée de 180 mètres en longueur et d’un poids total de 11000tonnes, fut soulevé par un ouragan, détaché du puissant remorqueur quile traînait et abandonné à la dérive. Le surlendemain, tous les ports del'Atlantique étaient prévenus du danger et les navires s’élançaient à larecherche des épaves, afin de prévenir les armateurs du gisement de cesdébris. Plus de cinq cents fragments du radeau ont pu être signalés sur lescartes d’observation, et l’on a ainsi reconnu (pie le courant se ' ' ’ ^ enforme d’éventail dans la direction des Açores : en 255 jours, la marchedes épaves avait été de (3000 kilomètres, soit presque exactement d'un kilo-mètre par heure; les restes du radeau occupaient, du nord au sud, sous leméridien de Flores, un espace de onze degrés de latitude, entre les paral-lèles 54 et 45.

Los autres courants qui longent les côtes américaines produisent desellots analogues à ceux du Gulf-stream et du courant polaire en modifiantdiversement le climat continental suivant les ondulations, la vitesse et lesretards de leur marche. Ainsi le courant du Pacifique dans lequel onreconnaît le pendant du Gulf-stream, le Kouro-sivo ou « Courant noir »,détermine sur les côtes occidentales de l’Amérique du Nord des phénomènesclimatiques analogues à ceux de l’Europe maritime : lui aussi amène desmers du Japon des eaux relativement tièdes qui se sont épanchées à traversl’Océan; il aborde les côtes du Nouveau Monde au sud de l’Alaska et longevers le sud le littoral de l’Orégon et de la Californie ; mais, en descen-dant des parages plus froids vers des mers plus chaudes, il se mélangeavec des eaux venues des régions boréales et se transforme graduellementen un courant froid ; sur les côtes tropicales, il rafraîchit l’air ambiant et