NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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en quelque endroit des pluies égales à celles qui tombent sur les mon-tagnes de Tcherraponjie, appartenant au versant du Bralimapoutra ; maisà en juger par l’énorme débit de la rivière Atrato , qui se jette dans legolfe d’Urabà, à l’angle nord-occidental de l'Amérique du Sud , il n’y auraitrien d’étonnant à ce (pie les pluies annuelles de cette région égalassentcelles (pie l’on a mesurées dans l’Inde gangétique : à surface égale, le bas-sin de l’Alrato roule vingt-trois fois plus d’eau que la Seine . Des espaces àpluies rares, à sol aride ou peu fécond, comprennent une grande partie desplaines et des plateaux dans l'Amérique du Aord qui s'étend à l’ouest duMississippi ; mais il n’y a de déserts proprement dits que près du golfe de Californie et le long de la côte chilienne et péruvienne , sur les terrassesavancées des Andes , abritées contre les pluies par le mur formidable qui sedresse à l’orient. (Jue sont ces espaces inhabitables en comparaison de lachaîne de déserts qui occupe la plus grande partie d’une diagonale de l'An-cien Monde, de l’Ailrar berbère à la Mandchourie chinoise?
L’orientation de l’Amérique dans le sens du nord au sud, à travers tousles climats, permettait de supposer d’avance que, par rapport à la surfacecontinentale, les végétaux y dépassent en nombre ceux de l’Ancien Monde’.En effet, la llore américaine est plus riche en proportion «pie celle des autrescontinents : quoique occupant un espace beaucoup moindre, elle embrassepresque autant de zones végétales nettement délimitées par la présenced’espèces et de genres caractéristiques. Des îles glacées du nord à la pointeaustrale, on voit successivement les terres nues ou revêtues seulement de la« tripe de roche », puis les forêts minuscules de bouleaux nains, desaules, et autres arbustes, moins hauts que de grandes herbes; au delà, lesarbres s’élèvent graduellement dans la direction du sud, et du coté del’est, au Canada et dans les Etats-Unis , se groupent en massifs variés oùdominent les espèces à feuilles caduques, contrastant par la forme et la cou-leur, tandis que du côté de l’ouest, dans la Colombie Britannique , l’Orégon et la Californie , les arbres sont principalement des conifères; il en est degigantesques, tel le séquoia, rival de l’eucalyptus australien pour la puissanceet la hauteur du tronc. Sous les mêmes latitudes s’étendent les « prairies ».moins abondamment arrosées, vastes mers d’herbes que remplacent main-tenant les cultures, et les vasques asséchées des plateaux recouvertes parune végétation de plantes salines comme celle des plages de la mer. AuMexique et dans l'Amérique centrale, les aires végétales s’étagent en zonesparallèles, des « terres chaudes » du pourtour aux « terres froides » de l’in-
1 Alphonse de Conduite, Géographie botanique raisonnée.