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le vent du nord, parallèle au courant maritime sous-jacent, domine pon-dant presque toute l’année et parfois se termine en tempête. Les sables, lespierres même s'alignent sur les rivages au souille de ce vent; la neigetombée sur les glaces se dispose également en sillons affectant la directiondu nord au sud, si bien que dans la nuit noire on peut régler la marchedes traîneaux d’après les levées parallèles de neige 1 * .
La flore groenlandaise actuelle, bien pauvre en comparaison de la végé-tation miocène, suffit cependant dans certaines parties de la péninsule méri-dionale pour que la dénomination de « Terre Verte » donnée par le décou-vreur normand ne soit pas un pur mensonge. Le Groenland a sa parurede mousses, d’herbes eide broussailles; les glaces elles-mêmes ont leursorganismes de l’espèce des algues. Partout où la neige a fondu sousl’inlluence du vent ou du soleil, même à l’altitude de 1500 mètres, etsur les minatakker, complètement isolés au milieu des glaces, germentquelques plantes, potentilles, silènes, draves et saxifrages. Dès que le solest dégelé, les plantes se hâtent de prendre racine et de pousser feuilles,Heurs et fruits; grâce à l’intensité de la chaleur solaire, la flore d’été est àpeu près identique dans les plaines du littoral et sur le sommet dos mon-tagnes 5 . La péninsule méridionale a même des arbres : Egede en auraitmesuré quelques-uns ayant près de 0 mètres 3 ; le plus grand qu’ait vuRink, dans ses longs voyages, est un bouleau blanc, haut de 4 mètres et5 décimètres, poussant entre deux blocs de rochers, près d’une ruine nor-mande. Mais il est rare au Groenland que les géants du monde végétal attei-gnent la hauteur d’un homme et on ne rencontre ces phénomènes quedans les endroits parfaitement abrités. Presque tous les arbustes sont ram-pants : le sorbier, l’aune, qui croissent sur la côte jusqu’au 05’’ degré, legenévrier, qui s’est propagé plus avant, jusqu’au 67 e , le saule herbacé, lebouleau nain, qui vivent encore au delà du 72 e degré de latitude, et dontles forêts se perdent à demi dans la mousse. Dans l’ensemble, la floregroenlandaise , composée d’environ quatre cents plantes phanérogames etde plusieurs centaines d’espèces de lichens, ressemble beaucoup à la floreScandinave; d’après ïïooker et Robert Brown, son caractère serait le mêmeque celui des montagnes et des régions lacustres du nord de l’Europe ;même le littoral de l’ouest, tourné vers l’Amérique , aurait cette physio-nomie européenne, d’ailleurs à un moindre degré que le littoral de l’est,qui est notablement moins riche en espèces végétales, autant que les
1 Zeitschrift der Oesterreichischen Gesellsclinft der Météorologie, n°8, 187G.
- l'iinsch, mémoire cité.
3 R. Fnrstpr. Voilages dans le Nord.