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Livre XV. Amérique boréale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,

explorations botaniques permettent d'en juger; àVarming’ donne une im-portance plus grande que les autres botanistes à l’élément américain dansla llorule du Groenland . Si pauvre qu’elle soit, elle a quelques produc-tions végétales qui contribuent à la nourriture des indigènes, entre autresde nombreuses baies et des algues : les fucus comestibles ont sauvé destribus entières pendant les périodes de famine. Les Européens ont aussileurs jardinets, où ils récoltent salades, choux, navets, et parfois despommes de terre grosses comme des billes d’enfants*.

La faune groenlandaise est, comme la llore, de physionomie essentielle-ment européenne : elle ressemble à celle de l’Islande , du Spitzberg, de laLaponie, de la Novaya Zeml’a, terres auxquelles le Groenland s’unissait jadisen un continent boirai. Les mammifères de la « Terre Verte », renne, oursblanc, renard polaire, lièvre arctique, hermine, lemming, sont des mam-mifères d’Europe : seul le bœuf musqué est d’origine américaine ; mais onne le trouve point dans les régions habitées : il parcourt en troupeauxles terres glacées que limite à l’ouest le détroit de Smith, et récemmentl’explorateur Payer et ses compagnons l’ont vu sur les bords du fjord deEran<;ois-Joseph. Les Danois ont introduit leurs animaux domestiques,chiens et chats, bœufs et cochons, chèvres et brebis, mais en petit nombre,et d’autre part les armes qu’ils ont apportées ont, sinon détruit, du moinsdiminué singulièrement la faune primitive. On ne rencontre plus le renueeu troupeaux que dans la partie septentrionale, située au delà des éta-blissements européens , et pourtant de 1845 à 1840 on en tuait encore25 000 par an 1 * 3 , et 8500 de 1851 à 1855. De même le cygne est devenutrès rare, et un autre oiseau, probablement Yalca inrpemiis, a complète-ment disparu. Les eiders au précieux duvet (somatrria mollisxiinti)ne se voient plus, si ce n’est en des archipels d’ilots éloignés des vil-lages danois. Quand les Eskimaux trouvent les colonies de ces oiseaux,ils enlèvent tout, œufs et duvet. Les coléoptères et les mollusques ter-restres sont très peu nombreux au Groenland , en comparaison de laNorvège : on doit en conclure, d’après Nordenskiohl, que la période gla-ciaire a pris fin depuis un temps beaucoup moindre dans la « TerreVerte ».

Les mers environnantes sont des plus riches en vie animale. Sept espècesde _ ' _ s, seize de cétacés, des poissons, des mollusques et les innom-

brables organismes des infiniment petits peuplent ces eaux. La faune

1 l.a végétation au Groenland . Revue Scientifique. 1888.

3 Rolieit Ri'mvn. Geograpliieal Magazine. May 1874.

3 llenrick Retins, Griinland and die Griinlander; — Nonlenskinld, ouvrage cité.