-NOUVELLE (; É O IJ H A1’ III E l'.Nl YERSELLE.
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bord du détroit de Smith : on le trouva désert en 1875 et en 1881, maison sait qu’il avait été habité précédemment, et les naturels y étaieid reve-nus en 1882 et en 1885’. Quand Hall et ses compagnons visitèrent cepetit groupe d’Eskimau. v, composé de vingt individus, ceux-ci, qui n’avaientjamais vu d’autres hommes, s’imaginèrent que les nouveaux venus étaientdes fantômes, les âmes des aïeux descendues de la lune ou remontées dufond des abîmes. Les navires de Jolm Ross étaient, d’après eux, de grandsoiseaux, ils les voyaient « remuer leurs ailes » ! .
Le nom usuel, « Eskimaux », donné par les Européens aux indigènesdu Groenland , de l’archipel Polaire et des côtes de l’océan Glacial, est géné-ralement interprété par les étymologistes dans le sens de « Hangeurs depoisson cru » : cette appellation, d’origine algonquine 1 * 3 , aurait été donnéeaux « Hvperboréens » par des ennemis, les Peaux-Rouges, très tiers deleur civilisation supérieure. Hais les Eskimaux , que l’isolement amenaità se considérer comme formant à eux seuls presque toute l’humanité,se désignaient d’une manière générale par divers noms, entre autres celuid’innuit ou lnoït, ayant le sens de « Hommes par excellence ». Unede ces dénominations, Karalit, paraît être celle dont les anciens naviga-teurs Scandinaves ont fait « Skrallinger », pour désigner les indigènesavec lesquels ils entrèrent en lutte mortelle aussitôt après avoir débarqué.Quant aux Européens, on les connaît sous le nom de Kablounak, les « Gou-ronnés », ceux qui portent un couvre-chef.
Les lnnuil groenlandais habitent tous le littoral maritime, comme leurscongénères de l’ouest et comme les Tcliouktehes de l’Asie , qui probable-ment appartiennent à la même race. Le névé ne leur permet pas de vivre àl’intérieur, et la pèche, industrie nourricière des habitants, les oblige às’établir au bord des fjords et des péninsules avancées. Aussi a-l-on pufacilement les compter dans les districts où des Européens résident à côtéd’eux. On évalue leur nombre total à une trentaine de milliers dans toutel'Amérique du Aord 4 : au Groenland même, ils sont un peu plus de dix
1 Ad. VY. Greelv, Titrée Years of Arctic Service.
- Julin Ross, Narrative of a Second Voyage in search of a North-West Passage, 1819; — Bes-sels, Archiv fur Anthropologie,, 1875; — Élie Reclus , Les Primitifs.
3 Lalitau, Mœurs des sauvages américains, comparées aux mœurs des premiers temps; —lliutl. Labrador peninsula.
4 Population groenlandaise du littoral exploré :
Inspectorat du Groenland septentrional (1886). 4 414;soit 2 119 hommes, 2295 femmes.
» » méridional (1882). . 5 484 » 2 516 )> 2 968 «
Territoire oriental (1884). 548 » 247 » 501 ))
Ensemble. 10446; soit 4882 hommes, 5 564 femmes.
soit 1 habitant par 100 kilomètres carrés.