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mille d’après les recensements annuels. En certains districts leurs groupesd’habitations sont très éloignés les uns des autres, même à des distances deplus de 100 kilomètres, et les indigènes ne peuvent se visiter réciproque-ment, qu’en prenant la voie de la mer. Et malgré l’énorme espace sur lequels’est répandue la race, soit de six à sept mille kilomètres de l’ouest à l’est,des bords de l’océan Pacifique à ceux de l’Atlantique boréal, les mœurs,d’ailleurs réglées par la ressemblance des milieux, diffèrent peu chez lesdiverses tribus, et leurs idiomes, polysynthétiques comme les languesaméricaines, ont mêmes radicaux et même formation, du détroit de Beringau Labrador. De peuplade à peuplade on arrive facilement à se comprendre.Le langage le plus distinct de tous autres est celui des rares habitants duGroenland oriental, soit à cause du long isolement dans lequel ils ont vécu,soit plutôt à cause du soin religieux qu’ils mettent à éviter toute combi-naison de syllabes qui rappellerait le nom des morts : chaque décès con-tribue à changer le dialecte.
La frappante analogie de mœurs (pie présentent les Eskimaux hvper-boréens et les troglodytes de la Yézère, tels que nous les révèlent les restesde toute espèce découverts par les archéologues, avait fait naître l'hypo-thèse d’une parenté de race entre les deux groupes de populations. Les« .Magdaléniens » des Gaules , qui vivaient à une époque où le climat dubassin de la Dordogne était analogue à celui qui prévaut actuellement dansles régions polaires 1 , se seraient peu à peu retirés vers le nord à mesure ques’adoucissait la température : suivant dans leur mouvement de retraite lesneiges et les animaux qui vivent dans leur voisinage, ils auraient fini paratteindre le cercle polaire et seraient devenus les ancêtres des Innuit. Tou-tefois llink, celui de tous les savants danois qui a le plus longtemps vécuavec les Groenlandais et qui a le mieux étudié leurs coutumes, leurs mœurset leurs dialectes, ne croit pas que cette théorie soit justifiée : d’après lui,les Eskimaux seraient de purs Américains, qui, tout en contrastant singuliè-rement en apparence dans les possessions anglaises avec leurs voisins immé-diats les Peaux-Bouges, n’en offrent pas moins avec eux toute la sérieintermédiaire des transitions par leurs congénères de l’Alaska , des îlesCharlotte et de la Colombie anglaise 2 .
Les Eskimaux groenlandais sont ceux chez lesquels on rencontre le plusfréquemment des hommes de stature moyenne ou même haute, princi-palement sur la côte orientale, ce que l’on avait cru d’abord, et ce que
1 lï. de Mortillet. Le Préhistorique; — Lubbock ; Dali, etc.
- Ilenrik Riiik, Mtddelelser om Gronland; — The Esldmo Triltes.
xv.
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