ESKIMAt'X (îROEXLANDAIS.
loi
aussi le chant, la danse, la récitation des anciennes légendes. Même lesjeux de force et d'adresse entre jeunes gens étaient sévèrement répri-mandés’. Il n’est permis de hoire de l’eau-de-vie qu’une fois par an, lejour de la fête du roi de Danemark 1 * 3 4 5 ; la raison donné»! pour justifier lemonopole royal du commerce au Groenland est que l’on évite ainsi l'im-portation des alcools.
Actuellement, tous les Eskimaux du territoire danois sont convertis auprotestantisme. Dans Egede , le premier missionnaire, débarqua en 17:21près de l’endroit où se trouve de nos jours l’établissement de Godthaab oude « Donne-Espérance »; puis, douze années après, vinrent les «frèresMo raves», qui fondèrent leur « bergerie » dans le même district, mais quilongtemps n’eurent point de « brebis » à paître. C’est qu’il s’agissait pour euxde faire une révolution complète dans la société groenlandaise . «Magiciens»étrangers, en lutte avec les anrjakok ou sorciers indigènes, il ne leur suf-fisait pas d’enlever à ces personnages tout prestige religieux, ils voulaientaussi les remplacer comme conseillers civils et comme magistrats, sup-primer à leur profit les cours de justice publiques, devant lesquelles lesadversaires venaient chanter et mimer leurs doléances. En effet, l'assujet-tissement se fit avec la conversion, et jamais révolte n’éclata parmi lesnouveaux chrétiens; les seuls conflits provinrent du zèle religieux desouailles qui s’érigeaient en prophètes ou en fondateurs de sectes. Il nereste plus trace de l’ancien paganisme chez les indigènes de la côte occi-dentale, si ce n’est que le dieu suprême, Tornarsuk, a été conservé par lechristianisme, mais en changeant de rôle : il est maintenant considérécomme le diable, et les buuijakak ou bons génies d’autrefois sont devenussa cour infernale 3 . Il y a plus d’un siècle que les parents groenlandais ontcessé de placer une tête de chien près de la tombe des nouveau-nés, « afinque l’âme du chien, qui sait partout trouver sa demeure, montrât àcelle de l’enfant le chemin de la terre des esprits*. » Dans le Groenlandoriental on jette les cadavres à la mer, si ce n’est en temps d’épidémie ;alors les survivants changent d’habitations, ’ ’ nanl les corps dans
les cabanes. Des figures de bois sculptées,qui rappellent les «arbres généa-logiques » des insulaires de l’Alaska méridional, ornent encore l’entrée desmaisons dans les villages les plus septentrionaux de la côte atlantique 5 .