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NOUVELLK GKOGRAPUIE UNIVERSELLE.
Souvent dans leurs chasses aux abords des placiers, ils voient des spectrescheminer sur les hauteurs : ce sont les esprits qui reviennent pour effrayerles vivants 1 * .
Devenus les « frères » de leurs éducateurs religieux, les Groenlandaissont restés misérables. Leurs huttes d'hiver construites en pierres alternantavec des couches de terre et de gazon, et recouvertes également par des amasde terre que soutiennent q ' ues bois de dérive, sont _ s, étroites et setassent fréquemment. La plupart, dépourvues de poêles, ne peuvent êtrechauffées que par la lampe, l'ame de la demeure pendant les longues nuitsd’hiver. L’air n’y pénètre que par l’étroit passage du corridor d’entrée :aussi le réduit devient-il une horrible sentine, entourée de fumiers etd’ordures. A la fin de l’hiver, les habitants, échappés enfin à l’horriblepromiscuité de ces demeures, en abattent le toit pour que le vent et la pluienettoient leurs maisons, et vont camper sous la tente dans un endroit plussalubre. Sur la côte orientale, chaque établissement ne se compose qued’une seule maison, bâtie sur un penchant de coteau, de manière à com-mander par sa façade la vue de la mer, tandis que par derrière elle est pro-fondément enfouie dans la terre; en moyenne, la population de chaque de-meure est de dix familles, ou cinquante personnes environ*. Les Eskimauxde l’est se procurent encore le feu à la mode antique, par la friction dedeux morceaux de bois l’un contre l’autre 3 .
Obligés pour la recherche de la nourriture à une vie presque nomade,les indigènes sont tenus, sous peine de misère excessive, d’avoir un atte-lage de chiens pour leurs traîneaux. Dans tout le Groenland on ne comptepas même une cinquantaine de bœufs ou de vaches ; brebis, chèvres, poulesmême, ne se rencontrent qu’en de rares enclos, gardés jalousement par deriches étrangers : le seul animal domestique de quelque valeur est le chien,bête capricieuse, presque sauvage, souvent torturée par la faim, car il estrare que l’abondance de vivres permette aux Eskimaux de nourrir leursbêtes : à elles de chercher parmi les débris et les ordures. Mais la misérablerace des chiens faméliques est fortement menacée de disparition prochaine,et l’on se demande comment les indigènes eux-mêmes pourront échappe] 1à la mort quand ils n’auront plus de chiens pour les traîner de fjord enfjord et transporter le produit de leurs pêches. Vers 1S60, une espèce derage se répandit soudain parmi ces animaux : hurlant et s’entre-mordantavec fureur, ils refusaient toute nourriture et mouraient souvent en moins
1 Ilaycs, ouvrage cité.
■ Garde, Petermanns Mitieilungen , 1880, lleft 11.