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Livre XV. Amérique boréale.
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CHAPITRE III

ARCHIPEL POLAIRE

Les îles, presque toutes comprises dans le cercle polaire, qui continuentle continent américain dans la direction dn pôle, sont encore dessinées sansgrande précision sur une partie considérable de leurs contours. Nombre depromontoires indiqués sur les cartes se détacheront du corps insulaire pourse révéler comme îlots distincts; de prétendus fjords se changeront endétroits; des terres séparées s’uniront en une seule; d’autres se scinderontau contraire, et telles montagnes portées avec soin sur les cartes se trouve-ront n’avoir été que des nuages : à peine le marin qui leur donnait un noms’était-il éloigné, qu’elles s’évanouissaient dans l’espace. D’ailleurs une partde cet archipel, celle qui s’étend au nord-est des îles Parry, n’a encore été([u'entrevue, et par conséquent on ignore sa véritable forme. La superficiede 1800 000 kilomètres carrés que l’on donne à l’ensemble des îlesPolaires de l’Amérique n’a donc qu’une valeur provisoire.

Cet archipel Arctique se divise eu groupes bien distincts. Un premiermassif est nettement limité : d’un côté, par les détroits de Smith, de Ken-nedy, deBobeson, qui le séparent du Groenland ; de l’antre par les détroits deLancaster, de Harrow, de Banks, qui forment comme une longue rue entrela mer de Baffin et la mer d’Alaska . La grande île de Baflîn et les îlotscôtiers qui continuent au nord la grande presqu’île labrndorieune et quebaignent à 1 est les mers de Davis et de Baffin, constituent un deuxièmegroupe; enfin, plus à l’ouest, les terres qui longent le littoral de l'Amé-rique Anglaise et qui n’en sont séparées que par des chenaux sinueux et desgolfes d’apparence lacustre, forment une autre partie de l’archipel. A peinequelques noms eskimaux se voyaient-ils naguère sur les cartes dressées pardes explorateurs. Ne rencontrant d’indigènes qu’en de très rares endroits,ils avaient dû faire eux-mêmes la nomenclature de ces contrées, et cette

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