Band 
Livre XV. Amérique boréale.
Seite
146
JPEG-Download
 

140

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

nomenclature, ils la liront en « loyaux » Anglais on Américains , baptisantles caps, les détroits, les golfes, les montagnes et les îles d’après rois,reines et présidents, princes et hommes d’Etat. Les noms d’illustres marinset savants contribuent aussi pour une notable part à désigner les traitsgéographiques de l’archipel Polaire; par malheur, l’empressement deslmptiseurs de diverses nations a été tel, qu’un seul endroit, parfois dési-gné par deux, même trois noms, devient difficile à identifier. Quant à laprise de possession politique, on n'a pas jugé utile de la faire ou du moinsde la ratifier. Si elle devait s’accomplir, elle se ferait naturellement auprofit de la Grande-Bretagne pour toutes les îles situées dans le voisinagedu Labrador et de l’Amérique Anglaise, ainsi que pour les terres bordantau nord les passages de communication entre la baie de Baftin et les mersd’Alaska. Les régions glacées qui font face au Groenland septentrional, del’autre côté du détroit de Smith et des passages de la mer Paléocryslique,deviendraient territoire des États-Unis .

1 L’exploration de l’archipel Polaire se confond dans l’histoire géogra-phique avec la recherche du « passage du Nord-Ouest » et les tentatives deconquête du Pôle. Les noms de Sébastien Cahot, de Lrohisher, de Davis, deBylot et Baftin, de John Boss s’attachent, aux côtes insulaires tpii conti-nuent celles du Labrador. Kane, Hall, Bayes, Nares, Markham, Greelysont les plus illustres parmi ceux qui forcèrent tout ou partie dela rue de glaces menant à la mer dite « Libre » d’abord, puis « Paléo-crystique ». Parry est le héros qui fraya vers la mer d’Asie les détroitsde Lancaster et de Barrow; la mer de Hudson a été justement désignéed’après le marin qui la découvrit, ou du moins l'explora, peut-être aprèsSébastien Cahot; la péninsule de Boothia Félix, où se trouve la station dupôle magnétique, rappelle l'expédition dont James Clarke Boss faisait par-tie; enfin, les îles situées à l’ouest et près des rives de l'Amérique Anglaiseracontent les aventures et la destinée, heureuse ou fatale, des Franklin,des Collinson, des Mac-Clure, Kellett, Mac-Clintock, Schwalka.

Le large bras de mer qui sépare l’archipel Polaire du Groenland est trèsprofond à l’entrée : par le travers du cap Farewell la sonde n’atteint lefond qu’à près de 4000 mètres; sous la même latitude que le détroit deHudson, le lit marin s’abaisse à 5000 mètres ; plus au nord, Inglefield auraittrouvé 5250 mètres sans fond; l’épaisseur d’eau reste partout suffisantepour que les « buttes » de glace, hautes de MO mètres, puissent voguerlibrement dans le courant polaire sans que leur socle, immergé de500 mètres, vienne s’échouer sur quelque seuil : la baie de Melville a desfonds de 850 mètres à 15 kilomètres du rivage, et Boss obtint des sondages