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Livre XV. Amérique boréale.
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lût)

NOUVELLE GÉOGRAPHIE l'NIVERSKLLE.

les glaces se refermaient aulour d eux. C’est ainsi qu’en 1830 John Rossne put l'aire bouger sou navire qu’en septembre et n’avança que de cinqkilomètres et demi. L’année suivante, il fut plus heureux et se déplaça desept kilomètres et demi : treize kilomètres, tel fut le progrès accompli pen-dant deux années. Mais l’arrêt n’est pas encore le plus grand péril que lesnavigateurs polaires aient à craindre : par l'effet des courants qui passentsous la glace, les banquises crevassées et brisées de la surface marine sontfréquemment pressées les unes contre les autres, et les navires, saisis dansces boseulis énormes, courent le risque d’être écrasés; parfois ils ne sont(pie soulevés et rejetés hors de la glace; d’autres fois, les membrures cèdentet les blocs de cristal se rejoignent à travers le bâtiment brisé. On craignaitqu’il n’en fût ainsi lorsque le fameux navire Polaris, déjà « pincé » parles glaces, fut abandonné par la moitié de son équipage, réfugié sur unchamp déglacé en dérive : graduellement entamée par le Ilot, la banquiseentraîna les malheureux jusque dans les eaux du Labrador. D’autre part,les glaces ont souvent offert un abri aux navires pendant les orages : en lessciant, l’équipage ménage au bâtiment un bassin régulier où il reste àl’abri des vagues et des buttons épars '.

Malgré le couvercle glacé qui pèse sur les mers arctiques, les courants etles marées se propagent à travers les détroits. Les oscillations de niveau sepoursuivent d’un océan à l’autre en contournant l’Amérique ; aussi les pre-miers navigateurs qui voyagèrent dans les mers polaires à la recherche du« passage du Nord-Ouest » observaient-ils avec soin ces ondulations, dansl’espérance que leur direction indiquerait, la partie de l'horizon d’où vientle grand Ilot du Pacifique. Toutefois ces phénomènes, soumis aux condi-tions les plus diverses, forme des bassins, largeur et profondeur des che-naux, marche du vent, alternances de la température, salinité des eaux,abondance des glaces, ont bien souvent trompé les marins; fréquemmentils crurent voir des côtes abruptes se dresser à l'endroit où un large lirasde mer s’ouvrait devant eux ; c’est ainsi que John Ross signala les passagesde Smith et de Lancaster comme des mers fermées. Souvent aussi ce quin’était qu’un golfe leur apparut comme un détroit : telle la baie danslaquelle s’était engagé Frobisher .

La prodigieuse accumulation des glaces qui obstrue souvent les détroitsde Smith, Kennedy, Robeson, semble provenir en grande partie du conllitdes courants qui s’y rencontrent. L’un d’eux, on le sait, est une des bran-ches du Gulf-slream atlantique et il a fréquemment apporté des bois et des

1 Shei ard Osborn, Stray Lcaves from an A relie Journal.