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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
dans cette* partie du Grant-land : les plus hautes croupes n’y dépassentguère 500 mètres ; nulle part les collines n’y sont disposées en chaînes con-tinues, mais elles sont éparses en massifs irréguliers, coupées de ravinsdans toutes les directions. L’excursion entreprise avait lieu aux mois demai et de juin, c’est-à-dire avant la période de la débâcle, mais la glace,partout compacte et solide, semblait être fort ancienne et ne pas devoir sebriser de l’année; aucune tissure ne se montrait dans l’épaisseur de lamasse cristalline, recouverte d’un épais névé : du haut des promontoireson cherchait en vain un point de l’immense espace où brillât une napped’eau. Dans les plaines du littoral il était impossible de savoir où finissait laterre, où commençait la mer; les sondages traversaient en certains endroitsdes couches superposées de glace et de débris terreux, apportés probable-ment par les torrents d’été et déposés à la surface des banquises : desstrates alternantes de neiges changées en glace et d’alluvions lluviatiles seforment, ainsi d'année en année sur cette grève gelée’. Il est probable que lepoint extrême atteint par Aldrich et ses compagnons, le cap Alfred Ernest,forme la saillie nord-occidentale de la Terre de Grant, et que la côte se replieau sud vers l’entrée du fjord de Greeîy, découvert par Lockwood en 18N2.Au large, les mers ne paraissent pas être profondes. Un sondage faitpar Markham, à 75 kilomètres de la terre ferme, a trouvé le lit marin à152 mètres; mais au sud-est, près du cap May, l’expédition de Greelysonda jusqu'à 250 mètres sans trouver de fond.
Une chaîne de montagnes dite des United-States , orientée du sud-ouestau nord-est, borne au sud la terre de Grant. Assez uniforme d’aspect, ellene j)résente qu’une suite de longues croupes éblouissantes de blancheur,d’une altitude moyenne de 1000 à 1200 mètres. A l’ouest, cette chaîne seramifie vers la mer occidentale, et des terrasses en appuient la base. Vers lecentre de file, que l’expédition Greely a parcourue en divers sens, un mas-sif, celui du mont Arthur, s’élève à 1570 mètres. C’est probablement lacime la plus haute de la terre de Grinnell : du dôme suprême on n’aperçoitque des monts inférieurs en altitude; même le Difticult, qui dresse au sud-est ses escarpements abrupts, n’atteint que 1554 mètres. A la base méri-dionale du mont Arthur, le seuil de partage entre les deux versants de fileliasse à 792 mètres et fait communiquer la grande baie de Lady Franklin et sa ramure de fjords et de lacs avec le Greely-fjord de la côte occidentale.Des glaciers puissants s’épanchent des monts United-States ; mais le champde névé ne se prolonge pas vers le sud et la région de file est complètement
1 Nares, ouvrage cité.