ARCHIPELS POLAIRES.
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seulement quarante-trois lois tomber gouttes, aiguilles ou flocons, et d’or-dinaire l’apport des pluies ou des neiges était léger : il est vrai qu’end’autres jours les rafales soulevaient les neiges superficielles et les faisaienttournoyer dans l’air. Il est arrivé parfois que des voyageurs polaires ont,après un an d’absence, retrouvé sur la neige les traces de leurs pas. Ledétroit de Lancaster ne gèle pas complètement, chaque année : des chenaux,qui s’ouvrent encore entre le littoral et les banquises, empêchent alors lesEskimaux de passer de la terre de Baflln à North-DevonLe courant quibrise ces glaces au printemps les entraîne en longs convois dans la merde Baflin, où ils s’unissent pour former la grande « embâcle du milieu ».
Les terres qui font face au Groenland , à l’ouest des trois goulets de Smith,de Kennedy, de Robeson, ne forment probablement pas une île unique : dumoins sont-elles profondément découpées par les fjords et divisées en pé-ninsules. Grant-land, la terre la plus septentrionale de l’archipel Polaire,ne tient à son prolongement méridional, dit Grinnell-land, que par unisthme de montagnes; mais Grinnell-land est limité an sud par un fjord,Hayes-sound, que les Eskimaux errant dans ces régions disent unanime-ment être un détroit : c’est à tort que Mares, jugeant d’après le mouvementdes marées, croyait pouvoir affirmer que ce golfe ne communique pas avecla mer occidentale 5 . Ellesmere-land, tel est le nom que l’on a donné auxterres situées au sud de ce fjord, à l’entrée du détroit, de Smith, et l’extré-mité terminale de ce massif insulaire, reconnu principalement par les Amé-ricains, est dit Lincoln-land : avec la terre d’Ellesmere , il est désigné parles indigènes par l’appellation d’Umingman Anna, c’est-à-dire « Pays desBœufs musqués ». Un large liras de mer, le Jones-sound, le sépare de l’îleMorlh-Dovon ; de grands amas de glace l’obstruent parfois en entier, soitportés par un remous du détroit de Smith , soit arrivés directement dunord-ouest par un golfe de la mer Polaire. En 1855, Belcher trouva leJones-sound libre de glaces et put le remonter sur un espace d’environ400 kilomètres. G’est une des voies qui s’ouvrent dans la direction du pôleet l’on s’étonne que parmi les navigateurs qui se sont donné tant de peinepour longer la côte groenlandaise vers la mer Paléocrystique, quelques-unsne se soient pas détournés vers ce chemin latéral, plus facile en apparence.
Aldrieh et les marins qui l’accompagnèrent en 1870 à près de 400 kilo-mètres à l’ouest du goulet septentrional du détroit de Robeson, le long descôtes tournées au nord vers l’océan Polaire, n’a point vu de montagnes
' Fr. Boas, Baf/iii-Ltnid. Eiganzungsheft n° 80 zu Petomiann’t Milteilungen.5 Mares, Narrative of a Voyage to the Polar Sea.